À quelques heures du choc tant attendu du Crunch au Stade de France, l’atmosphère est particulièrement tendue outre-Manche. En proie à des résultats décevants et des performances jugées insipides, le sélectionneur anglais Steve Borthwick fait face à une pression médiatique sans précédent. Pour beaucoup, ce match dépasse désormais le simple cadre sportif : il s’apparente à un véritable test de survie pour le technicien de la Rose.
### Steve Borthwick sous pression maximale
Le *Daily Mail* ne prend pas de gants et évoque même une liste de possibles successeurs prêts à remplacer l’ancien deuxième ligne. « Steve Borthwick se bat pour conserver son poste et l’Angleterre a besoin d’un plan B : voici les quatre principaux candidats si la RFU doit agir avant la Coupe du monde », affirme le journal, mentionnant notamment Michael Cheika et Joe Schmidt.
De son côté, le *Telegraph* brosse un portrait sans pitié de Borthwick, le comparant au Premier ministre britannique pour son manque de charisme et son pragmatisme figé. « Ce n’est pas un hasard si Steve Borthwick s’impose rapidement comme le pendant du rugby à Sir Keir Starmer, délaissant toute expression flamboyante pour une palette de gris omniprésents. On peut relever de nombreux défauts chez le sélectionneur anglais, de sa propension à dégager le ballon au pied à son penchant pour aligner cinq ailiers dans son équipe de 23 joueurs », souligne le quotidien.
### Une obsession mondiale qui coûte cher
La presse anglaise s’interroge également sur le désintérêt grandissant pour le Tournoi des 6 Nations, éclipsé par une fixation quasi obsessionnelle sur la Coupe du monde et le trophée Webb Ellis. Le journaliste Gavis Maris, dans le *Telegraph*, dresse un bilan inquiétant : « Il est temps que le pays se détache de son obsession pour le trophée Webb Ellis et recommence à prendre le Tournoi des 6 Nations au sérieux. Le bilan de l’Angleterre dans le Tournoi depuis 2003 est catastrophique comparé à celui de ses rivaux. Le pays de Galles a remporté quatre Grands Chelems, l’Irlande et la France trois, contre un seul pour l’Angleterre, lors de la première année d’Eddie Jones à la tête de l’équipe après la Coupe du monde 2015. »
### Un sursaut possible face aux Bleus ?
Malgré ce contexte orageux, une lueur d’optimisme persiste. *The Independent* remarque que Borthwick semble paradoxalement plus à l’aise sous pression, même si les ambitions affichées en début de tournoi relèvent aujourd’hui « de l’arrogance ».
Pour le *Telegraph*, l’Angleterre reste un adversaire redoutable, capable de se montrer performante dans les moments clés, même si les pronostics favorisent la France : « L’Angleterre donnera du fil à retordre à la France. On attend peu de l’Angleterre à Paris, ce qui n’est guère surprenant compte tenu de ses récentes performances, mais l’équipe de Steve Borthwick a prouvé qu’elle excellait dans les situations critiques. Il faut s’attendre à des progrès et à un renouveau, mais sur le chemin de l’Angleterre se dressera une équipe de France qui saura exactement ce qu’il lui faut faire pour remporter le titre. Cette motivation supplémentaire devrait permettre aux Bleus de s’imposer. »







