Avant de partir en vacances, Christophe Urios a dressé un bilan lucide et complet de la saison de l’ASM Clermont Auvergne. Une campagne marquée par des progrès visibles, mais aussi par une immense frustration : celle d’être passé à un point des phases finales.
Face aux médias, le manager auvergnat n’a éludé aucun sujet. Entre regrets, axes d’amélioration et ambitions pour l’avenir, il a livré une analyse sans concession.
« On a reçu un coup de marteau sur la tête »
Pour illustrer cette désillusion, Urios a choisi des images fortes.
« À l’issue de ces 26 journées de Top 14, on a reçu un coup de marteau sur la tête parce qu’on pensait tous se qualifier pour les phases finales. C’était l’objectif… Et de mourir à un point, avec la saison qu’on a faite, ça nous a marqués. »
Un match symbolise particulièrement cette déception : celui contre le Racing.
« On a besoin, et de façon définitive, d’enterrer ce p… de match contre le Racing. C’est exactement ce que je ne veux plus voir : une équipe prête, mais qui se désunit. »
Malgré tout, Urios souligne les avancées de son groupe.
« On a réalisé une saison de progrès par rapport à ce que l’on voulait faire, mais pas aboutie dans ses résultats. »
La défense, priorité numéro un
Le manager a mis la défense au cœur de ses préoccupations. Selon lui, les meilleures équipes du Top 14 se distinguent avant tout par leur solidité défensive.
« Mis à part le Racing, les formations qui sont dans le top 6 sont toutes des équipes qui encaissent moins de points et d’essais que nous. Cela signifie que c’est la défense qui fait qu’on va en phases finales. »
L’ASM affiche un taux de plaquages réussis à 85 %, un chiffre prometteur mais insuffisant pour prétendre au Top 6.
« On pense aujourd’hui que pour rentrer dans les six, il faut un taux de plaquages réussis d’au moins 88 %. Les avants y sont (88 %), pas les trois quarts (80 %). »
L’indiscipline, un frein à lever
Parmi les chantiers à venir, l’indiscipline est pointée du doigt.
« C’est quelque chose qui ne demande pas beaucoup de talent, c’est juste du placement, de la rigueur et du don de soi. » insiste Urios.
« Il faut qu’on soit capable de passer ce cap car aujourd’hui, notre indiscipline nous met trop en difficulté dans les “momentum”. »
« On est les champions des essais refusés »
L’attaque clermontoise, longtemps parmi les plus dynamiques du championnat, a connu un coup de mou lors du sprint final. Et un problème récurrent est identifié : les essais refusés ou non validés.
« On est les champions des essais refusés ou pas aplatis. Ça nous arrive à tous les matchs. »
Pour y remédier, Urios annonce des changements dans l’organisation offensive, notamment à l’approche de la zone de marque.
« On va sûrement changer notre organisation parce qu’on doit être meilleur que ça. On a vraiment besoin d’être plus précis et efficaces. »
Bordeaux, un modèle à suivre
Sur le plan physique et dans le secteur des collisions, Urios attend également un surcroît d’agressivité et de présence.
« On a besoin de faire encore plus la loi que ça. »
Il décrit précisément ce qu’il attend de son équipe :
« Faire la loi, c’est arriver les premiers sur zone, c’est être plus précis et c’est aussi monter l’agressivité, comme on a su le faire lors du dernier match à Bordeaux. »
Cette rencontre à Chaban-Delmas est même considérée comme un « point de départ » pour la saison prochaine.
Des priorités déjà établies pour 2026-2027
Pour le prochain exercice, Urios a fixé ses grandes lignes :
« Être vite prêts, faire en sorte que personne ne vienne chercher des points facilement chez nous, continuer à accompagner les jeunes leaders, nos gardiens de l’exigence, élever nos standards et faire grandir cette génération impressionnante qui a été sacrée championne de France Espoirs. »
Le message est clair : la saison écoulée a été une étape de progression, mais Clermont doit désormais transformer cette dynamique en qualification pour les phases finales.







