Bernard Laporte, directeur du rugby à Montpellier, s’est livré dans les colonnes de *Midi Olympique* au sujet du récent succès des Bleus dans le Tournoi des Six-Nations et de l’état du rugby français.
Pour lui, ce deuxième sacre consécutif confirme le retour de l’équipe de France parmi les meilleures formations mondiales. Il souligne : « C’est la consécration du travail bien fait. C’est peut-être aussi la confirmation de certains joueurs et l’émergence de quelques autres. Après, ça ne veut pas dire qu’on sera champion du monde en 2027. » Laporte rappelle d’ailleurs que lorsqu’il était sélectionneur, « nous avons remporté les Tournois 2006 et 2007 sans être sacrés quelques mois plus tard. Mais, ça signifie quand même que cette équipe est redevenue une des meilleures sur la scène internationale. »
Le dirigeant ne manque pas de répondre aux critiques qui ont suivi la défaite contre l’Écosse. « Ça me fait marrer d’entendre certaines critiques. Souvenez-vous. Quand j’ai été élu président de la FFR, nous étions la huitième nation mondiale. Tout le monde l’a oublié aujourd’hui », déclare-t-il. Il rappelle l’importance de garder en mémoire le chemin parcouru : « C’est bien de savoir où l’on va mais c’est important de ne pas oublier d’où l’on vient. Les Écossais ont le droit d’être bons, les Français, parfois, un peu moins biens. Mais qui a gagné le Tournoi ? »
Bernard Laporte met en avant le rôle central du XV de France dans le développement du rugby national. « Le XV de France, c’est la locomotive de notre sport. C’est pour cela que j’en avais fait la priorité absolue dès que j’ai été élu président. Aujourd’hui, l’équipe de France gagne et on voit, bizarrement, qu’il y a plus de licenciés, plus de spectateurs, des audiences exceptionnelles. Quand j’ai accepté cette mission, c’était pour l’équipe de France essentiellement. » Il avoue son méconnaissance du monde amateur à l’époque : « Le monde amateur, je ne le connaissais pas particulièrement. Dire le contraire serait prétentieux. Je sentais que ça n’allait pas très bien. Mais je savais aussi qu’une équipe de France forte aurait des répercussions positives sur les étages inférieurs. »
Enfin, il apporte son éclairage sur l’absence de cadres comme Gaël Fickou, Damian Penaud ou Grégory Alldritt dans la dernière sélection. « Mais qui vous dit que l’équipe de France n’aurait pas fait le grand chelem avec Greg Alldritt, Gaël Fickou et Damian Penaud ? Le rôle du Fabien Galthié, c’est de faire des choix, de sélectionner les joueurs en forme. » Selon lui, leur non-sélection « c’est qu’il pensait que c’était la vérité à ce moment-là. Ça ne veut pas dire qu’ils sont rayés des listes pour autant. Ça montre surtout qu’il y a des jeunes qui poussent. Mais n’oublions pas qu’on n’a pas remporté le grand chelem. »
À travers ces déclarations, Bernard Laporte exprime sa confiance dans la dynamique du rugby français tout en appelant à la prudence face aux critiques hâtives.







