Sur les bords de la Nive, l’heure est à la mobilisation générale. Pour la première fois depuis sa prise en main directe du secteur sportif, à la suite du départ de Grégory Patat le 19 février dernier, Laurent Travers, directeur du rugby de l’Aviron Bayonnais, est sorti de sa réserve.
Aux côtés de Gerard Fraser, il co-dirige désormais le quotidien professionnel du club basque. Lors de la conférence de presse précédant le déplacement crucial à Montauban ce samedi 21 mars (16h35) pour la 19e journée du Top 14, Travers a exposé sans détour les enjeux majeurs.
### « Casser la spirale » : une urgence absolue
Englué dans une série noire de onze matchs sans victoire toutes compétitions confondues, l’Aviron Bayonnais traverse une crise inédite. « Si on regarde la situation, ce qui est factuel — et il n’y a pas de souci là-dessus — c’est que sur les onze derniers matchs, on a gagné un match, on a perdu deux matchs à domicile et on est 12ᵉ », déclare Travers, conscient de la gravité.
Ce choc face à Montauban constitue un véritable tournant. Pour le directeur sportif, la clé réside dans un resserrement des rangs et une remise en question collective. « Ce qui nous importe à tous, c’est de vite retrouver un état d’esprit positif pour retrouver, bien sûr, ce qui va faire que derrière, on va pouvoir gagner les matchs. Parce que ce qui nous importe, c’est de gagner les matchs. »
La confiance, selon lui, se construit dans l’effort quotidien : « La confiance, elle est par rapport à ce que l’on va faire tous les jours au quotidien, par rapport à ce que l’on va faire après sur le terrain. C’est comme ça que l’on gagne la confiance. Ce n’est pas l’adversaire. »
### Un duo Travers-Fraser clarifie son rôle
Depuis le départ de Grégory Patat, l’organigramme bayonnais a été profondément remanié. Laurent Travers a profité de cette prise de parole pour rappeler son engagement : « Je suis désormais pleinement impliqué dans la gestion tactique et humaine du groupe. »
Lui et Gerard Fraser travaillent main dans la main afin de redonner une identité de jeu à une équipe qui semble avoir perdu ses repères ces dernières semaines.
Le stage récent organisé par le club a permis selon lui de reconstruire la cohésion : « On a fait ça dans le but de retrouver les sensations du rugby. Ils sont avant tout des joueurs et on fait tout pour que ça puisse justement performer. Après, je pense que l’avantage du stage, c’est qu’on vit ensemble, on partage ensemble. […] Lorsqu’on est sur un bateau, si on rame tous dans le même sens, le bateau va plus vite. »
Malgré la pression qui pèse lourd sur l’équipe, Travers prône une transformation positive : « Il faut faire ce qu’il faut pour justement enlever cette pression, cette pression qui est souvent négative parce que ça fait partie du jeu du monde sportif. […] Il n’y a que deux lettres de différence, il faut que ça se transforme en quelque chose de positif. »
### Un parcours marqué par la solidarité
Laurent Travers ne cache pas sa déception sur la tournure qu’ont pris les événements depuis son arrivée. « Ce qu’il y a de sûr, c’est qu’il s’est passé l’inverse de ce pourquoi j’étais venu. J’étais venu pour compléter, pour aider, pour accompagner, et ce n’est pas ce qui s’est passé. Mais après, le choix de chaque homme n’appartient qu’à lui. »
Malgré tout, sa motivation reste intacte : « Je suis resté clair sur ma sincérité, ma solidarité et cette envie de venir aider et accompagner l’Aviron Bayonnais. Je mettrai tout en œuvre pour cela. Ce qui m’importe, c’est l’institution. »
Conscient de la place du club dans son territoire, il insiste : « Il n’y a qu’un club en Top 14 dans le Pays basque, c’est Bayonne, donc ça veut dire que tout le monde regarde Bayonne à travers le Pays basque. Soyons fiers de ça. »
Travers appelle à l’unité et à la reconstruction plutôt qu’à la division : « Plutôt que de détruire, faisons en sorte tous, mais tous, d’être gagnants. »
### Garder le cap, sans excès d’ambition
Alors que la fin de saison s’approche, il refuse de se fixer des objectifs précis : « Ce serait malvenu de parler de quoi que ce soit d’autre quand on voit, je vous le dis, les onze derniers matchs. Restons humbles. »
Toutefois, l’envie de gagner reste intacte : « Vous croyez que les joueurs et le staff, on va mettre le maillot samedi pour perdre ? On va mettre le maillot en ayant qu’une envie, c’est de gagner. »
Enfin, il met un point d’honneur à ne pas critiquer publiquement l’organisation du club : « Je ne peux pas me permettre de dire qu’il manquait ça ou ça, ce serait trop facile. Je suis là pour aider, accompagner et construire, donc je ne vais pas critiquer quoi que ce soit. »
Laurent Travers incarne aujourd’hui un rôle central, porté par la volonté de redresser un club en souffrance et de faire face ensemble à cette période délicate. Face au défi Montauban, l’Aviron Bayonnais espère enfin renouer avec la victoire.







