Le duel à l’ouverture du XV de France fait débat, mais Fabien Galthié refuse d’en faire une guerre fratricide.
Après que Matthieu Jalibert a conduit les Bleus vers un doublé historique dans le Tournoi des Six Nations, l’imminent retour de Romain Ntamack relance la question de la hiérarchie à ce poste clé. Invité ce jeudi du Super Moscato Show sur RMC, le sélectionneur national a tenu à préserver ses deux talents.
Pour Galthié, il n’existe pas de « numéro 1 » ou de « numéro 2 » figé, mais plutôt une alternance naturelle dictée par les blessures et le hasard. Il a rappelé la chronologie des présences des deux ouvreurs pour souligner leur importance égale : « Rappelez-vous : en 2023 (avant le Mondial), Romain Ntamack se fait un (ligament) croisé, c’est Matthieu qui joue. Cette année, Romain était blessé, c’est Matthieu qui joue. L’an dernier, c’était Matthieu qui était blessé, c’est Romain qui joue… » Et de conclure : « Ce que je trouve bien, c’est que les deux joueurs ont gagné des compétitions avec les Bleus. Ils ont donc une forme de légitimité. »
Face à l’opposition souvent mise en lumière par la presse entre le classicisme de Ntamack et l’audace de Jalibert, Galthié adresse un message fort aux médias et aux supporters : il rejette toute instrumentalisation de cette concurrence en polémique malsaine. « Ce sont deux super mecs qui vont avoir le malheur d’être opposés par des gars comme vous (les journalistes), qui vont chercher la polémique, chercher pourquoi si, pourquoi ça… » a-t-il regretté.
Le sélectionneur ne mâche pas ses mots et lance un appel solennel : « Ce que je vous demande : s’il vous plaît, prenez soin d’eux. S’il vous plaît, respectez leur talent. Ce sont vraiment des bons joueurs et des bons mecs, et je suis sûr qu’ils vont tout donner pour l’équipe de France. »
Sur le terrain, le présent est clairement du côté de Matthieu Jalibert. Galthié n’a pas hésité à le placer parmi ses « cinq meilleurs joueurs (français) du Tournoi », louant sa fiabilité et son talent désormais éprouvé au plus haut niveau.
« Ça dépendra de l’évolution des joueurs. Mais on a besoin des deux », a-t-il insisté. Entre la confirmation éclatante de Jalibert et le retour attendu de Ntamack, le XV de France dispose d’une richesse rare. Le sélectionneur compte bien tirer parti de ce luxe sans jamais sacrifier l’un au profit de l’autre.







