Un second procès décisif s’ouvre ce mercredi à Angoulême, près de dix ans après les faits imputés à trois anciens joueurs du FC Grenoble Rugby. Denis Coulson, Loïck Jammes et Rory Grice, condamnés en première instance à Bordeaux en 2024 pour le viol d’une jeune femme, comparaissent de nouveau devant la cour d’assises de la Charente.
Lors du premier verdict, la cour d’assises de la Gironde avait prononcé des peines lourdes : quatorze ans de réclusion criminelle pour Coulson et Jammes, et douze ans pour Grice. Tandis que leurs coaccusés Chris Farrell et Dylan Hayes avaient bénéficié de peines de prison avec sursis pour non-empêchement de crime, le trio principal, toujours incarcéré, conteste la sévérité des sanctions.
L’avocate de Denis Coulson, Me Corinne Dreyfus-Schmidt, a dévoilé à Midi Olympique la ligne de défense qui sera adoptée : « Je ne dévoile pas ma stratégie avant le procès. Mais cette affaire repose sur une question de perception. La perception qu’ont eu les joueurs de l’état de la jeune fille. Tout ça dans un contexte très alcoolisé. »
Ce nouveau procès pourrait également s’enrichir de nouveaux éléments. La défense, renforcée par l’appui d’un prestigieux cabinet marseillais mandaté pour Rory Grice, souhaite remettre en cause les certitudes du précédent jugement. Au cœur des débats : la demande de réexamen de supports numériques susceptibles, selon l’avocat, d’éclairer la question clé du consentement.
De son côté, Me Grégoire Mouly, avocat de la partie civile, se montre sceptique sur ces nouvelles requêtes : « Nous appréhendons le procès de façon assez sereine. Même s’il est difficile pour notre cliente de se replonger dans des faits vieux de près de dix ans. Mais ce ne sera pas simple. On va voir si les accusés ont évolué dans leur dénégation ou s’ils maintiennent. Il y aura de nouvelles forces en présence. Un gros cabinet marseillais est entré dans la défense de Grice. De nouvelles demandes ont été faites, elles seront discutées à l’audience. Il y aurait notamment une demande de récupérer de nouvelles vidéos. On a du mal à comprendre, cette demande avait été faite durant l’instruction, puis abandonnée. Et elle est remise sur la table. »
Comme lors du premier procès, les débats se dérouleront à huis clos, la victime ayant une nouvelle fois sollicité cette mesure pour préserver son intimité. Dans cette enceinte confinée, la justice devra trancher entre la thèse d’un crime avéré et celle, portée par les accusés, d’une « tragique erreur de perception ».
Le verdict, attendu dans les prochains jours, déterminera si les peines initiales seront confirmées, allégées, voire annulées. Une décision capitale pour ces anciens professionnels du rugby dont l’avenir judiciaire et personnel reste suspendu à cette nouvelle étape.







