Aimé-Giral n’a pas fait de cadeau à Melvyn Jaminet. Pour son grand retour sur la pelouse de l’USAP, l’arrière du Rugby Club Toulonnais a vécu une soirée empreinte de tension et d’émotions contraires.
Le paradoxe est saisissant : l’idole de 2021, héros du titre de champion de France de Pro D2, a été accueilli comme un étranger par les supporters catalans. « Si l’affection pour le joueur reste intacte, le public de Perpignan a choisi son camp dès le coup d’envoi », souligne l’ambiance électrique au stade. Chaque tentative de Jaminet face aux perches a été saluée par une pluie de sifflets.
Le buteur toulonnais avait pourtant bien débuté, inscrivant une pénalité de plus de 50 mètres, preuve de sa technique toujours affûtée. Mais la pression du « seizième homme » a peu à peu érodé sa confiance. Sa précision a alors décliné : un coup d’envoi en ballon mort, deux transformations manquées et une nervosité visible avec le ballon en main ont fini par peser lourd sur le score final.
Son remplacement à la 61e minute a résumé cette rencontre empreinte d’ambivalence. Pourtant, c’est une salve d’applaudissements nourris qui a accompagné Jaminet jusqu’au banc de touche. Une ovation qui témoigne de l’estime que le peuple catalan garde pour celui qui s’est révélé sous ses couleurs.
Au coup de sifflet final, les supporters de l’USAP ont su distinguer l’homme du joueur. Ils étaient heureux de revoir Melvyn Jaminet, tout en se réjouissant de ses erreurs au pied, deux ratés qui auraient pu inverser le cours du match.
Pour Jaminet, ce retour aux sources laisse un goût d’inachevé et une vérité implacable : « à Aimé-Giral, le passé ne donne aucun droit sur le présent. »







