Le président du FC Grenoble, Patrick Goffi, s’est livré dans les colonnes du Parisien sur les conséquences d’une affaire de viol impliquant d’anciens joueurs du club, survenue en 2017, et sur les défis éthiques auxquels le rugby est confronté.
« Cette histoire, c’est gravissime. Il y a une victime qui sera marquée à vie. Et des joueurs en prison pour de longues années. C’est dramatique. Je n’étais pas au club quand c’est arrivé mais la décision prise par le FCG a été exactement la même avec le licenciement immédiat des joueurs qui ont ensuite été pris par d’autres clubs (Connacht, Agen et Oyonnax). Évidemment, cela a fait une mauvaise publicité au FCG. Mais on remarque tout de même que la mémoire fait rapidement défaut malheureusement. On oublie vite. On passe vite à autre chose », dénonce Patrick Goffi, faisant part de son indignation face à cet épisode sombre.
Pour lui, le rugby doit rester vigilant face aux dérives sociales qui frappent également ce sport. « On doit être très vigilants, tout le temps. Notre sport est marqué par des problèmes que l’on retrouve dans la société en général : celui de la violence et celui de l’addiction. On ne doit pas balayer ça avec le temps. Nous devons être irréprochables. À Grenoble, c’est notre ligne de conduite et pourtant on voit que l’on n’a pas été le meilleur exemple. »
Le dirigeant met en lumière la pression croissante qui pèse sur tous les acteurs du rugby, exacerbée par les réseaux sociaux et une exigence toujours plus forte sur les performances. « Le monde a changé. J’ai été président il y a trente ans et la pression qui s’exerce sur l’ensemble du club n’a rien de comparable. Tout le monde est sous pression : les joueurs, le staff, dirigeants. Les résultats, les défaites prennent une importance démesurée. Les réseaux sociaux, les critiques permanentes, violentes parfois, amplifient tout ça. Il faut pouvoir le vivre, le supporter. Il y a des fragilités qui conduisent à des dérives, des problèmes de stupéfiants. Cela n’excuse rien mais il faut le prendre en compte. »
Pour conclure, Patrick Goffi plaide pour une meilleure cohésion et une vigilance accrue afin de préserver les valeurs fondamentales du sport : « Il faut anticiper les difficultés. Nous devons faire en sorte qu’il y ait du lien, une même cohésion dans toutes les strates d’un club. Le sport reste un jeu malgré tout. Au bout d’une compétition, il n’y a qu’un seul gagnant. Tous les autres sont des perdants. Il faut l’intégrer, l’accepter. Et surtout, il faut protéger celui qui est à côté de nous. Cela doit être notre priorité. Alors, d’accord, tout ça, c’est du discours, de la théorie, mais il faut vraiment se pencher sur notre façon de concevoir notre rôle. Le sport doit rester une passion. Il ne faut pas détourner sa valeur première, quel que soit le niveau où l’on évolue. »







