Revenu en Gironde l’été dernier après trois saisons au Racing 92, Cameron Woki a fait preuve d’un engagement sans faille pour retrouver son « club de cœur ». Pour revêtir à nouveau le maillot bordeaux et blanc, le troisième ligne international a même accepté de diviser son salaire par deux. Un pari gagnant : il est aujourd’hui le joueur le plus sollicité par le staff bordelais.
**Un retour attendu depuis le premier jour**
Si son départ pour Paris en 2022 avait surpris, Cameron Woki confie avoir toujours gardé Bordeaux à l’esprit :
« J’ai toujours su que mon histoire avec Bordeaux n’était pas terminée, parce que je n’ai jamais demandé à partir, cela n’a jamais été mon choix. J’ai toujours exprimé mon envie de revenir à Bordeaux, dès ma première saison au Racing. Donc aujourd’hui, mon retour est une chance et un vœu exaucé. »
**Un joueur mûri et travailleur**
Loin de l’image du jeune talent qui se repose sur ses acquis, Woki revient transformé par son expérience parisienne. Sous la houlette de Stuart Lancaster, il a appris la rigueur.
« On ne peut plus aller sur un terrain comme ça, en détente, sans s’échauffer et ne faire jouer que le talent. Ça n’existe plus. C’est ce que je faisais beaucoup ici mais j’étais jeune, j’avais 18 ans, je n’avais qu’une envie, c’était de jouer. J’ai appris à mieux préparer mes matchs et surtout à travailler seul, ce que je ne faisais pas avant. Stuart m’a appris à être autonome sur ma préparation, sur mes entraînements. »
Ce changement de mentalité a également été souligné en équipe de France par William Servat :
« Cameron a évolué dans sa façon de voir et d’appréhender les choses. […] Je pense que le fait de travailler avec Patrice Collazo au Racing a dû beaucoup l’aider. Son apport a été très positif. »
**Replacé en troisième ligne pour révéler son talent**
L’une des clés de son épanouissement actuel réside dans son repositionnement sur le terrain. Fini la deuxième ligne, Woki retrouve la liberté qu’il réclamait, explique son manager Yannick Bru :
« Je ne dis pas qu’on ne sera pas amené à un moment à le faire dépanner en deuxième ligne, mais en ce qui me concerne, je pense que c’est un troisième ligne aile. C’est un joueur de couloir, de vitesse, qui a besoin d’exprimer sa vitesse et sa qualité dans les duels et je pense que tout ça s’exprime mieux quand il joue troisième ligne aile, ou numéro 8. »
**L’avis de l’expert Frédéric Michalak**
Pour Frédéric Michalak, qui l’a entraîné au Racing, ce retour à Bordeaux a permis à Woki de se recentrer pleinement sur son rugby :
« Je trouve qu’il a amené encore plus de détails dans son contest au ballon, dans les rucks. Je trouve qu’il est devenu meilleur là-dessus depuis qu’il est à Bordeaux. Donc, il est en train de franchir encore un cap. Je pense qu’il a fait le bon choix. Il le prouve aujourd’hui. »
« Automatiquement, quand vous portez le maillot de votre club de cœur, vous jouez avec peut-être une passion supplémentaire, même si je ne veux pas dire qu’il ne jouait pas avec passion chez nous. Mais quand vous êtes à Paris, vous avez peut-être des préoccupations qui vous sortent du rugby et qui vous sortent de ce que vous devez vraiment faire pour tendre à la performance. J’imagine qu’il a maintenant moins de sollicitations et il arrive à se concentrer sur l’essentiel : être un très bon joueur de rugby. »







