Rien ne va plus à l’Aviron Bayonnais, qui traverse une saison 2026 cauchemardesque après une année précédente brillante marquée par une demi-finale en championnat. Samedi dernier, le club a connu une défaite historique à domicile, s’inclinant lourdement face à Pau (22-54) à Jean-Dauger.
Jamais depuis le début de l’ère professionnelle en 1995, Bayonne n’avait encaissé 50 points sur son terrain. Cette humiliation témoigne d’un groupe à bout de souffle, aussi bien physiquement que mentalement. Avec huit défaites sur dix matchs depuis janvier, l’équipe traverse une crise profonde.
En conférence de presse, le capitaine Arthur Iturria a exprimé sa honte et sa frustration : « Il faut faire un peu plus honneur à ce maillot, car cette année, on est en train de lui manquer de respect ». De son côté, l’arrière Yohan Orabé a confirmé l’état d’épuisement général au sein de l’effectif : « On est cuits physiquement. On était déjà un peu usés, eux tenaient le ballon, nous, on sortait de notre camp miraculeusement. Au retour des vestiaires, on n’a pas su prendre le dessus pour faire basculer la rencontre. Ça fait cher le match. »
Au-delà des difficultés sur le terrain, le club connaît une crise de gouvernance qui a profondément fragilisé sa structure. La cohabitation houleuse entre l’ancien manager Grégory Patat et le nouveau directeur sportif Laurent Travers a conduit à la désintégration du staff. Le président Philippe Tayeb avait d’ailleurs tiré la sonnette d’alarme dès le mois de janvier : « Il y a un petit moment que j’ai tiré la sonnette d’alarme sur différents sujets. Je n’ai peut-être pas été entendu, mais aujourd’hui, si je ne suis pas entendu, il faudra prendre des décisions. Fortes, je ne sais pas, mais améliorer ce qui se passe, c’est obligatoire ».
Le départ de Patat n’a pas permis de régler les problèmes, malgré un recrutement censé renforcer l’équipe et viser les premiers rôles. Arthur Iturria s’inquiétait déjà de l’instabilité après une défaite à Toulouse : « J’espère surtout que ce résultat ne provoquera pas de bouleversements internes, parce que ce n’est pas la meilleure manière de finir la saison. Qu’on le veuille ou non, ça bouscule la sérénité d’un groupe. J’espère qu’il n’y aura pas de conséquences de ce côté-là. À nous de nous concentrer sur nous et de nous dire les choses. »
Relégués à la 11e place du championnat, sans véritable espoir de qualification pour la Champions Cup, les Bayonnais se préparent à un déplacement compliqué au stade Mayol, face à un RC Toulon en pleine forme. La 13e défense du Top 14 aura une tâche colossale pour relever la tête.
Arthur Iturria, lucide sur la situation, admet la réalité du classement : « On est entre la 10e et la 12e place du championnat. C’est la place qu’on mérite cette saison ». Il faudra désormais un sursaut d’orgueil pour sauver l’honneur et tourner la page d’une saison à oublier.







