Nolann Le Garrec, héros nocturne d’Aimé-Giral, a enflammé samedi soir le public perpignanais, mais pas seulement par son talent. Auteur d’un doublé et totalisant 26 points, le demi de mêlée international de La Rochelle a offert un récital décisif en inscrivant la pénalité de la victoire à la 80e minute (29-31). Son sang-froid a étouffé l’ardeur d’un stade bouillant.
Mais c’est son comportement qui a surtout marqué les esprits. Dès sa première transformation, Le Garrec a provoqué les tribunes catalanes avec un geste explicite « chut », déclenchant sifflets et huées nourries jusqu’au coup de sifflet final. Un affront qui n’est pas passé inaperçu.
Loin de calmer le jeu, ses déclarations d’après-match sur Canal+ ont envenimé la situation. Visiblement agacé par l’accueil hostile des supporters de l’USAP, il a lâché une phrase cinglante : « Ça a beaucoup sifflé et qu’il faudrait peut-être prendre exemple sur Vannes. » Un tacle direct au public perpignanais, en opposition au silence respectueux des Bretons lors des tentatives de but, un mode d’expression rugby très différent.
Face à cette polémique, Jerónimo de la Fuente, centre argentin de l’USAP fêtant son 100e match sous les couleurs catalanes, a choisi de ne pas alimenter le feu : « S’il ne l’aime pas, c’est son problème. Moi, je ne changerai rien au public catalan. » Son message défenseur d’une identité populaire et passionnée contraste avec le ton distancié de Le Garrec.
Ce nouvel épisode vient s’ajouter à un passif déjà lourd entre Le Garrec et Aimé-Giral. La saison dernière, sous le maillot du Racing 92, il avait déjà été la cible des supporters après une simulation jugée grossière contre Bruce Devaux.
Entre le prodige breton et le peuple catalan, le divorce semble désormais consommé.







