Maxime Mermoz, ancien international français de rugby et quadruple champion d’Europe, brise le silence sur un calvaire qu’il endure depuis près d’une décennie. Victime d’un handicap lourd officiellement reconnu par la MDPH, l’ancien centre veut alerter sur les souffrances invisibles que cache le sport de haut niveau.
Diagnostiqué en 2022 avec une rupture hématolabyrinthique, une grave pathologie de l’oreille interne, Mermoz souffre d’acouphènes et de vertiges permanents. Il décrit ces symptômes comme des « fissures » qui s’intensifient sous l’effet des émotions et des impacts physiques. Selon les spécialistes, cette maladie est directement liée aux chocs répétés subis lors de ses trente années de pratique du rugby. Le joueur se remémore notamment un coup de poing à l’oreille reçu lors de la finale de la Coupe du monde 2011, qui lui avait percé le tympan. Les premiers signes graves sont apparus en 2015, lorsqu’il a été retrouvé au sol après un entraînement avec le RC Toulon.
Entre 2017 et 2022, Maxime Mermoz décrit une période de « survie » constante, 24 heures sur 24, marquée par une lourde dégradation physique et mentale. Son poids est tombé de 95 à 84 kg. Lors de son passage au Stade Toulousain (2018-2020), il restait cloîtré chez lui, épuisé. Pour masquer cette fatigue extrême, il utilisait des filtres sur ses photos publiées sur les réseaux sociaux, afin de maintenir un « faux-semblant » de normalité. Même devenu consultant télé, il devait composer avec des vertiges amplifiés par les lumières des plateaux, l’obligeant parfois à rester assis, incapable de se tenir debout.
Le combat n’est pas terminé pour le joueur de 39 ans, qui subit toujours des crises de vertiges et une fatigue intense. Pour atténuer ces symptômes, il reçoit régulièrement des injections de cortisone dans l’oreille, un traitement risqué pouvant aggraver sa perte d’audition, déjà partielle du côté gauche depuis 2016.
Aujourd’hui, Maxime Mermoz voit dans sa prise de parole une forme de thérapie. La reconnaissance officielle de son handicap lui permet de sortir de l’ombre et d’expliquer plus simplement son état de fatigue chronique. Malgré tout, il ne nourrit aucune rancune contre le rugby, sport qui, selon lui, « lui a tout donné ».







