Montpellier file en finale malgré une prestation rugueuse
Montpellier n’a pas brillé dimanche au Septeo Stadium, mais le MHR est bel et bien qualifié pour la finale de la Challenge Cup. Face à Newport, les Héraultais se sont imposés 18-12 dans un match tendu, marqué par des imprécisions et des moments frustrants. Si le contenu a laissé à désirer, la victoire confirme néanmoins l’impressionnante dynamique du club.
Un parcours impressionnant pour Montpellier, qui, il y a seulement deux ans, flirtait avec la relégation en Pro D2. Le voilà désormais attendu en finale, le 22 mai à Bilbao, contre l’Ulster.
### Une qualification fêtée avec les supporters
À l’issue de la rencontre, le manager Joan Caudullo, qui suit habituellement les matches européens depuis la tribune, est descendu pour partager un moment convivial avec ses joueurs et les supporters autour d’une bière à la bodega du stade. Un geste simple, mais lourd de sens.
Car une finale européenne n’est jamais anodine. « Quand on sait d’où on vient… », rappelle souvent Caudullo, soulignant ainsi le parcours spectaculaire du club héraultais, qui retrouve cette étape cinq ans après ses titres de 2016 et 2021.
### Une frustration palpable chez le manager
Si la qualification suscite la joie, elle n’efface pas la frustration de Joan Caudullo. Le manager n’a pas caché son agacement face à la performance moyenne de son équipe. Montpellier a mené sans jamais réussir à assurer définitivement sa victoire, au point que Newport a failli renverser la situation en fin de match.
« J’ai préféré féliciter les joueurs pour leur parcours en Challenge et ne rien dire sur le contenu du match », confie Caudullo, avant d’ajouter : « J’ai envie de revoir ce match très vite… J’ai l’impression qu’on a fait ce qu’il fallait pour gagner facilement, mais on s’est trop précipités. Je pense qu’on a manqué de maîtrise. On a voulu faire des choses différentes de ce qu’on fait d’habitude et on a failli passer à la trappe… »
### Une fin de match sous haute tension
À 18-12, Montpellier n’était pas à l’abri jusqu’au coup de sifflet final. A trois minutes de la fin, une passe en profondeur d’Angus O’Brien vers Huw Anderson aurait pu coûter très cher, mais Thomas Vincent a su couvrir le danger et empêcher l’essai transformé qui aurait offert la finale à Newport.
Le capitaine Lenni Nouchi avoue avoir eu peur : « J’avoue que ce scénario m’a un peu fait flipper. » Mais il y voit aussi un signe positif de l’évolution du groupe : « Il y a deux ans, ce match-là, on aurait pris un essai sur la dernière action et on l’aurait perdu. On serait rentrés la tête en bas. Là, il y a une qualification pour une finale à Bilbao. On gagne moche, mais on gagne. Ce groupe a envie de se créer des bons souvenirs, de vivre des grands trucs ensemble et ça en fait partie. »
### Une dynamique impressionnante
Cette victoire ne fait que confirmer la forme éclatante de Montpellier, qui a remporté 17 de ses 20 derniers matches toutes compétitions confondues. Troisième du Top 14, le MHR peut désormais rêver grand.
La réception de Montauban, lanterne rouge, samedi à 16h35, sera l’occasion de consolider cette place sur le podium avant les derniers rendez-vous de la saison. Pour Joan Caudullo, l’objectif est clair : « Depuis qu’on a repris le projet il y a deux ans, c’est important pour moi qu’on voie Montpellier en haut et pas dans d’autres moyens de communication. C’est bien d’avoir une notoriété positive autour de ce club et qu’on arrive à gagner. C’est positif, mais il ne faut pas s’arrêter là. »
### Bilbao avant le Top 14
La finale face à l’Ulster, le 22 mai à Bilbao, pourrait remettre Montpellier au sommet de la scène européenne. Mais le manager préfère rester concentré sur l’essentiel pour le moment : « Il y aura peut-être de l’émotion en préparant cette finale. Mais pour l’instant, je ne suis pas trop dans l’émotion. Il y a d’abord Montauban et Castres. Cette finale, elle me paraît tellement loin. »







