Le Stade Toulousain, sérieusement bousculé à Marcel-Deflandre
Dimanche soir, le Stade Toulousain a subi une sévère défaite face à La Rochelle (38-10), une équipe bien plus agressive et intense. À quelques semaines des phases finales, ce revers met en lumière des failles inquiétantes chez les Rouge et Noir.
Après la rencontre, Mathis Lebel n’a pas dissimulé la dure réalité. L’ailier international s’est confié à La Dépêche, soulignant la domination rochelaise dans l’engagement physique. « Il faudra le revoir. À chaud, c’est toujours dur de débriefer les matches. Je ne sais pas si l’état d’esprit a été mauvais, mais ce qui est sûr, c’est qu’on a été dépassés par cette équipe de La Rochelle dans le combat. »
Malgré plusieurs opportunités, Toulouse n’a jamais réussi à inverser la tendance. « Encore une fois, c’est une réaction à chaud, mais on sent qu’on a été pris dans le combat et l’agressivité. Et on a eu du mal à renverser la balance quand on en a eu la possibilité. Je crois qu’il y a deux ou trois occasions qu’on n’arrive pas à mettre au fond et, forcément, ça donne cette copie à la fin. »
Conscient que plusieurs joueurs ont manqué leur rendez-vous, Lebel mise désormais sur une prise de conscience collective. Après une semaine de repos, « il faudra regarder les images… Regarder aussi nos performances individuelles, moi le premier, pour bien couper sur la semaine de vacances. Cela va nous faire du bien à tous et il faudra revenir avec d’autres ambitions pour la fin de la saison. »
Refusant de céder à la panique, l’ailier toulousain maintient sa confiance envers le groupe. « Je n’ai pas envie de dire qu’on s’inquiète parce que j’ai une confiance absolue en tous les mecs de l’équipe. Il faut qu’on ait confiance en nous et confiance les uns envers les autres. » Pourtant, il admet que le Stade Toulousain oscille encore trop souvent entre le très bon et le médiocre : « On sait qu’on est des joueurs de caractère, les contre-performances comme celle de ce soir ne nous font pas plaisir, donc j’espère qu’on va réussir à se resserrer autour de ça pour la fin de la saison. »
L’indiscipline et les erreurs techniques ont aussi largement contribué à ce naufrage. « On a pris beaucoup de pénalités, commis beaucoup de fautes de main et concédé beaucoup de turnovers, donc, au final, on rend une copie qui n’est pas bonne. » Lebel reconnaît la détermination supérieure des Rochelais : « Déjà parce qu’il y avait une grosse équipe en face qui avait peut-être les dents plus longues que nous et qui se devait de faire une grosse performance. Nous, on en avait parlé aussi, mais on ne l’a pas réalisée, donc félicitations aux Rochelais. » Il conclut avec lucidité : « À nous de nous regarder dans la glace. Le problème, c’est de faire un ou deux pas en avant et, le week-end d’après, de retomber dans nos travers. »
Pour autant, le joueur refuse de remettre en cause le style de jeu toulousain. « Je n’ai pas envie qu’on se mette la rate au court-bouillon. On travaille bien, on travaille dur, il y a un gros boulot qui est fait par le staff, par les joueurs, tout le monde est impliqué pour aller chercher quelque chose à la fin de la saison. » Néanmoins, il pointe un vrai manque d’énergie et de révolte dans le combat physique : « Ce qui manque aujourd’hui, je pense, c’est peut-être un peu d’énergie, un peu de révolte pour regagner le combat physique. Bien sûr, tout n’a pas été parfait, mais notre rugby n’est pas à remettre en question. Ce qui est plus dérangeant, c’est qu’on s’est fait secouer fort. »
À quelques semaines des phases finales, le Stade Toulousain doit impérativement retrouver son intensité et sa solidité physique s’il veut prétendre à ses objectifs.







