Il y a quelques mois, son absence du XV de France avait surpris le rugby français. Ancien capitaine et pilier du système de Fabien Galthié, Grégory Alldritt, troisième ligne du Stade Rochelais, semblait jusqu’alors intouchable. Pourtant, écarté du Tournoi des 6 Nations 2026, il revient aujourd’hui à son meilleur niveau.
« Au point de redevenir une évidence pour l’équipe de France », juge Midi Olympique dans un entretien accordé au joueur.
Pendant plusieurs années, le Rochelais a été l’un des hommes forts du projet tricolore. Indispensable dans les collisions, puissant porteur de balle et leader naturel, Alldritt incarnait l’identité physique des Bleus sous la direction de Galthié. Lorsque le capitaine Antoine Dupont s’est blessé au genou, c’est lui qui avait repris le brassard pendant le Tournoi 2025, puis lors de la tournée d’automne suivante.
Mais l’hiver dernier, la donne a changé. Lors de la sélection pour le Tournoi des 6 Nations 2026, remporté par la France, Fabien Galthié a surpris en laissant Alldritt hors du groupe. En son absence, Anthony Jelonch, Charles Ollivon et les autres troisièmes lignes ont su répondre présent et le XV de France a maintenu son niveau, avec quatre victoires en cinq matchs.
Ce choix fort s’explique surtout par une baisse de régime du joueur observée depuis plusieurs mois. Moins explosif, moins dominant dans les contacts et moins influent dans le jeu courant, Alldritt avait perdu une partie de son impact habituel. Par ailleurs, « le contexte du rugby international a également évolué » avec une arbitrage moins favorable aux gratteurs dans les rucks, réduisant l’influence de certains types de troisième ligne au plus haut niveau.
Mais les grands joueurs ne disparaissent jamais longtemps. Depuis plusieurs semaines, Grégory Alldritt impressionne de nouveau avec le Stade Rochelais. À Nanterre, contre le Racing 92, il a signé une prestation XXL avec treize passes, trois offloads, deux défenseurs battus et trente-cinq mètres parcourus ballon en main. Il a surtout retrouvé sa force principale : avancer systématiquement dans les collisions et imposer une intensité physique constante pendant 80 minutes.
Face à Toulouse dimanche dernier, lors du large succès rochelais (38-10), Alldritt a confirmé son retour au premier plan. Très actif en attaque, omniprésent dans les zones de combat et agressif dans les nettoyages, il a rappelé pourquoi il reste l’un des meilleurs joueurs du championnat à son poste.
Fabien Galthié, lui, n’a jamais fermé la porte à un retour du Gersois. Contrairement à d’autres internationaux comme Damian Penaud ou Gaël Fickou, dont les situations sont plus complexes face à une forte concurrence, Alldritt bénéficie d’un contexte favorable.
D’abord parce que la concurrence au poste de numéro 8 reste moins dense. Ensuite parce que le XV de France a toujours besoin d’un joueur capable de porter le ballon et de percer régulièrement les défenses adverses. Et surtout, parce qu’à son meilleur niveau, Grégory Alldritt demeure l’un des numéros 8 les plus dominants au monde.
À quelques semaines du premier Championnat des Nations et des prochaines échéances internationales, son retour en bleu apparaît désormais comme une hypothèse très crédible.







