Deux jours après la défaite frustrante de Clermont à Pau (24-19), la colère de Christophe Urios ne retombe pas. Le manager de l’ASM, encore marqué par le scénario et le dénouement de la rencontre, a vivement critiqué l’arbitrage de Pierre Brousset lors d’une prise de parole à Brioude ce lundi, rapportée par *La Montagne*.
Samedi soir, juste après le match, Urios avait pourtant tenté de minimiser la polémique liée à la dernière action : une séquence confuse où le Palois Dan Robson envoyait le ballon directement en ballon mort après une mêlée à cinq mètres de sa ligne.
Interrogé sur le sujet, le manager avait d’abord botté en touche :
« Non, je n’ai pas compris. Mais je n’irai pas là-dessus. Ça ne me paraît pas le fait le plus important du match ».
Mais rapidement remis face à l’arbitrage, Urios n’a pas caché son agacement, lançant une pique cinglante :
« On est habitués avec Pierre Brousset. Avec lui, on ne comprend pas toujours tout ».
Sur cette action, l’arbitre a jugé le geste de Dan Robson involontaire, validant la fin du match malgré les protestations clermontoises. Face à la polémique grandissante, Mathieu Raynal, responsable de l’arbitrage français, a contacté le manager de Clermont pour tenter d’apaiser les tensions.
Christophe Urios a admis avoir volontairement ignoré ce premier appel :
« Je n’avais pas envie de lui répondre ».
Les deux hommes ont finalement échangé lundi, mais la frustration d’Urios demeure intacte.
Lors de cette discussion, le technicien auvergnat a clairement exprimé son mécontentement sur plusieurs décisions arbitrales :
« Je lui ai fait part de mon ressenti, c’est-à-dire que Pierre Brousset m’a gonflé sur deux actions ».
Contrairement à ce que l’on pourrait croire, ce n’est pas la passe ratée de Robson qui dérange Urios. Ce dernier comprend l’interprétation arbitrale de la dernière séquence :
« Je suis assez d’accord sur l’interprétation : il veut donner au n°10, sauf qu’il la rate complètement ».
Le véritable point de crispation porte en réalité sur la mêlée précédant cette phase décisive.
Le manager clermontois estime que deux fautes évidentes auraient dû être sanctionnées avant que le ballon ne sorte en ballon mort :
« Ce qui me gêne sur l’action, ce sont les fautes sur la mêlée. L’introduction est quasiment dans les pieds du n°8, parce que la mêlée est disloquée, à tel point que le talonneur palois ne peut pas talonner. Et dans la foulée, le n°9 palois récupère le ballon dans les pieds de la 1ère ligne : tu n’as pas le droit. Ce sont deux fautes grossières ».
Toujours aussi remonté, Urios a rappelé que ses relations avec Pierre Brousset s’étaient déjà tendues cette saison, lors d’un précédent match au Michelin face à Montpellier.
Il a d’ailleurs insisté sur le niveau d’exigence attendu d’un arbitre de ce calibre :
« C’est le meilleur arbitre français, et il n’aurait pas dû laisser passer ça ».
À l’approche du sprint final du Top 14, cette défaite laisse un goût amer à Clermont. Toujours en lice pour une qualification, l’ASM voit désormais chaque détail prendre une importance cruciale dans une fin de saison sous haute tension.







