Montpellier Hérault Rugby à l’aube d’un tournant historique
À 80 minutes d’un rendez-vous décisif, le Montpellier Hérault Rugby (MHR) s’apprête à disputer, vendredi soir à Bilbao, la finale de la Challenge Cup face à l’Ulster. Après s’être assuré une place en phases finales du Top 14 pour la première fois depuis 2022, le club héraultais vise désormais un titre européen qui validerait définitivement sa récente reconstruction.
Lors de la conférence de presse tenue ce lundi, le manager Joan Caudullo a fait part de ses sentiments mêlés d’excitation, de prudence et de sérénité avant ce match crucial. Il a souligné la pression inhérente à une finale européenne en expliquant : « Oui, c’est excitant, je n’ai pas l’habitude (sourire). Le début de semaine est toujours difficile parce que c’est le moment où j’annonce les mauvaises nouvelles (par rapport à la composition d’équipe). On a un jour de moins d’entraînement vu qu’on a joué samedi (à Castres, victoire 33-36) et qu’on rejoue le vendredi. On essaie d’avoir le maximum de fraîcheur. Au-delà de cette finale, on a potentiellement des échéances intéressantes en Top 14. »
Bien que déjà qualifié pour les phases finales du Top 14, le MHR aborde cette finale avec une ambition bien plus grande que le simple bonus d’une saison réussie. Pour Caudullo, ce match est essentiel pour la dynamique globale du club : « Oui, oui. J’ai eu des messages pour me dire qu’on était officiellement qualifiés parce qu’il y a des confrontations directes sur les deux dernières journées (parmi les poursuivants de Montpellier au classement). On est contents d’être dans les six premiers et de valider cet objectif-là. Mais pour moi, ce match qui arrive, ce n’est pas un plus. Il faut absolument qu’on le gagne parce qu’il y a une dynamique qu’il faut arriver à préserver si on veut bien figurer en Top 14 après cette finale. »
Montpellier semble avoir gagné en maturité collective après plusieurs années instables, une évolution perceptible notamment dans la gestion émotionnelle du groupe. Le manager estime que ses joueurs sont prêts à gérer la pression : « Je trouve qu’on a un groupe qui a de l’expérience pour vivre ces moments. À Castres, où on a fait des erreurs, où on a pris des essais trop facilement, il y a eu des erreurs individuelles. Et il n’y a pas un mec qui a dit du mal d’un autre. J’ai trouvé beaucoup de maîtrise à la mi-temps. J’ai trouvé qu’ils maîtrisaient les choses sur des moments importants. Et sur les moments importants d’une finale, par exemple, je trouve qu’on a les joueurs pour pouvoir gagner. On a des joueurs qui ont de l’expérience et qui ont déjà gagné, qui sont capables de vivre ces moments et d’amener de la sérénité. Je suis assez serein là-dessus. »
Cette finale symbolise aussi la consécration d’un travail entamé il y a deux ans, après des années difficiles marquées notamment par la frayeur du barrage maintenu face à Grenoble. Pour Joan Caudullo, ce rendez-vous est l’aboutissement logique d’un projet collectif et stable : « Une belle étape de la construction de ce projet. Et c’est une façon de montrer qu’en étant stable et en ayant le même discours depuis deux ans, on peut faire de belles choses. Et je le répète, ce n’est pas lié à une personne en particulier. Mais c’est pour moi l’enchaînement des choses et le même discours qui font qu’on arrive à avoir des résultats. »
Vendredi soir, au stade San Mamés, Montpellier aura l’occasion de transformer sa progression en véritable accomplissement. Un succès européen permettrait au MHR de tourner définitivement la page des saisons de doute et de s’imposer durablement parmi les grandes équipes du rugby français.






