Un an après avoir conduit l’Union Bordeaux-Bègles à son premier titre européen, Matthieu Jalibert s’apprête à disputer une nouvelle finale de Champions Cup, cette fois avec un rôle et une stature renforcés. Plus mature, plus constant, et désormais un pilier du XV de France, le jeune ouvreur bordelais s’impose comme l’un des joueurs majeurs du rugby européen.
La saison passée a marqué un tournant dans la carrière de Jalibert. Brillant lors du sacre historique contre Northampton, il avait alors franchi un cap dans les grands rendez-vous. Cette année, son niveau s’est encore élevé, comme en témoignent ses statistiques impressionnantes : leader offensif de la compétition avec 19 franchissements, 34 défenseurs battus et 528 mètres parcourus, il est incontestablement le chef d’orchestre du jeu bordelais.
« Peut-être inconsciemment. Il nous a montré qu’on était capable de gagner des titres, de gagner des grands matchs, chose qu’on nous a souvent reproché. Forcément, jouer des matchs de ce niveau-là, les gagner et faire de bonnes performances, ça donne de la confiance. Ça propulse aussi pour les saisons suivantes. Je pense que cette finale et ce titre m’ont boosté », confie Jalibert à RMC Sport, soulignant l’impact profond de ce premier succès européen, à la fois collectif et personnel.
Cette progression s’est également confirmée sous le maillot tricolore. Vainqueur du dernier Tournoi des 6 Nations, Jalibert a su enfin enchaîner les prestations de haut niveau à l’international, dissipant les doutes qui persistaient jusque-là. « L’équipe de France a toujours été le petit plus qui me manquait. Être capable d’enchaîner les bonnes performances au niveau international, forcément, d’avoir fait un bon tournoi et en plus d’avoir gagné, ça m’a donné de la confiance », confie-t-il.
Samedi, Bordeaux-Bègles défiera le Leinster pour une deuxième finale européenne consécutive, une performance rare que Jalibert refuse de banaliser. « Il ne faut pas minimiser le fait de revenir sur une deuxième année consécutive en finale. On n’est jamais sûr d’y revenir », rappelle-t-il avec lucidité.
En cas de nouveau sacre, l’UBB confirmerait définitivement son statut parmi les grandes puissances européennes, tandis que Matthieu Jalibert renforcerait encore un peu plus sa place parmi les références mondiales à son poste.







