À l’aube du barrage décisif face à Brive, Provence Rugby se prépare à vivre l’instant tant attendu. Troisième de la saison régulière après une performance solide, le club aixois aborde ce rendez-vous crucial pour sa montée en Top 14.
Pour Philippe Saint-André, manager de Provence Rugby, la pression ne doit pas prendre le dessus. Dans un entretien accordé à *La Provence*, l’ancien sélectionneur du XV de France affiche un discours clair, empreint de lucidité et d’enthousiasme.
« Avec humilité et détermination. La saison a été longue avec ces 30 journées. Notre objectif, c’était d’être en phase finale. Il nous a manqué quelques points pour finir parmi les deux premiers, même avec 92 points et sept victoires à l’extérieur. On est prêts. C’est reparti pour une nouvelle compétition. Tu gagnes, tu continues. Tu perds, tu es en vacances. »
Il insiste sur l’état d’esprit nécessaire pour ce type de rencontres : « Il y a de la concentration, beaucoup d’applications, tout en sachant qu’on sait que ça va être un gros match contre Brive. »
Ces derniers jours, des débats ont agité l’avant-match, certains affirmant que Provence Rugby aurait préféré affronter Brive pour des raisons stratégiques. Philippe Saint-André balaie ces spéculations d’un revers de main. « Brive, c’est un club qui a une grosse histoire et le plus gros budget de D2 cette année. Je connais parfaitement le coach de Brive, il a fait tourner son effectif sur le dernier match car ça ne l’intéressait pas de finir cinquième. »
Le manager précise surtout que son équipe n’a jamais été dans le calcul : « Nous, on n’était pas du tout dans le même calcul. Nous sommes allés au VRDR pour gagner et après, on s’était dit qu’on ferait les comptes à la fin de la soirée. Nous avons fini 3e, eux 6e, ils viennent chez nous pour ce quart de finale et on va essayer de tout mettre en œuvre pour bien les recevoir et pour faire, surtout, un match de qualité. »
Et d’ajouter : « Moi, je n’ai pas pour habitude de dire du mal des autres, donc on se concentre sur nous, nos objectifs, notre rugby et surtout sur notre état d’esprit. »
L’un des points positifs majeurs pour le manager provençal est le retour de plusieurs cadres essentiels à l’aube des phases finales. « Le plus important dans cette période, c’est d’avoir rentré des joueurs qui sont importants. Des leaders. Et des leaders, ça ne s’achète pas au supermarché. Harrison, Zafra, Wegrzyn ont cet ADN en eux. »
Avec cette profondeur accrue, Provence Rugby semble bien armé pour affronter l’intensité des confrontations à élimination directe. « Si on y rajoute des Yannick Youyoutte, on a plus de solutions, de fraîcheur et c’est plus dur pour moi de faire l’équipe. Mais c’est un bon mal de tête (rires). On a un effectif qui est prêt à se battre. »
Philippe Saint-André est conscient de la qualité de l’adversaire : « Je ne vais pas vous dire comment on va jouer samedi (rires). On a su les gagner avec le bonus offensif à domicile alors qu’ils avaient aligné la grosse équipe, avant de perdre chez eux avec un écart conséquent. J’avais fait tourner énormément car j’avais plus de 17 blessés, donc samedi, ça sera un tout autre match. »
Il prévient aussi : « Brive est très solide en conquête, ils sont durs dans le combat avec un effectif pléthorique et de très grands joueurs. »
Mais plus que la crainte, c’est l’envie de savourer ce moment unique qui anime le manager. « Le président Denis Philipon m’a fait venir pour ça. On entre dans le money-time, dans les périodes qui sont fabuleuses. Je l’ai dit aux joueurs, ce sont des moments exceptionnels. Il faut les vivre pleinement avec aucun doute, aucun stress et une attitude hyperpositive tout en ayant une envie incroyable de continuer l’aventure. »
Avant de conclure : « Ça passera par une solidarité collective impressionnante. Mais je n’ai pas de doute, les garçons ont montré ces valeurs à domicile contre Vannes ou à Valence. Nous avons démontré que nous étions une équipe sérieuse. »
Dans cet esprit, le technicien attend un soutien fervent de son public pour pousser son équipe vers les demi-finales : « Bien sûr. On compte sur notre public. J’ai vu que Brive nous avait remis 700 à 800 places sur leur contingent de places. J’espère que nos supporters vont les prendre pour nous supporter samedi. »
Le message est clair : « On a vraiment besoin d’un Maurice-David en feu, dans une ambiance exceptionnelle de phase finale. Il l’a montré contre Vannes en étant le vrai 16e homme derrière nous. »







