Ce samedi à Bilbao, le Leinster affronte l’Union Bordeaux-Bègles en finale de la Champions Cup, avec l’ambition de tourner la page sur une série de défaites en finales européennes.
Leo Cullen, manager du Leinster, évoque avec émotion le dernier sacre européen de l’équipe, en 2018 contre le Racing : « Ce sont forcément de très bons souvenirs. Le contexte était différent, les équipes aussi, mais ce stade reste particulier à mes yeux. San Mamés est incroyable. Il y a énormément de tradition ici. On sent tout de suite le poids de l’histoire quand on entre dans cette enceinte. Pour un groupe comme le nôtre, jouer une finale européenne dans un tel endroit, c’est quelque chose d’énorme. Beaucoup de joueurs présents aujourd’hui étaient déjà là lors de la finale de 2018. Ils ont gagné en expérience depuis. Il faut utiliser ça maintenant. »
Le manager irlandais attend un duel intense face à une UBB qui a clairement gagné en stature ces dernières années : « Bordeaux est une équipe de très grande qualité. On connaît leurs forces, leur capacité à accélérer le jeu, la puissance qu’ils mettent dans leurs séquences. Ce sera un immense défi pour nous. Mais c’est exactement pour ça qu’on joue cette compétition : pour se mesurer aux meilleurs clubs d’Europe. Ce club de l’UBB a énormément grandi ces dernières années. On l’a vu notamment avec leur parcours européen récent. Ils se sont installés parmi les meilleures équipes du continent. »
Leo Cullen connaît bien Noël McNamara, l’entraîneur de l’attaque bordelais, dont il mesure le parcours et l’impact : « Noel, je le connais très bien. Ce qu’il a accompli est assez incroyable. Il a longtemps fait partie du Leinster. À l’époque, il voulait finir ses études et continuer à enseigner. Puis il a franchi le pas. Il a commencé à diriger l’académie, et il a beaucoup compté dans la construction de jeunes joueurs du Leinster. Aujourd’hui, le retrouver en face, avec Bordeaux, en finale de Champions Cup, c’est forcément particulier. C’est aussi une aventure humaine. En novembre, il m’avait invité chez lui, avec mon fils et mon père, pour dîner. Sa famille a toujours soutenu le Leinster. Mais nous ne nous sommes pas focalisés uniquement sur lui. Nous savons ce qu’il représente, ce qu’il connaît de nous, mais le sujet reste Bordeaux. Et Bordeaux est une équipe de très haut niveau. »
Pour le manager, la Champions Cup a une importance capitale, bien au-delà du terrain : « Cette compétition a toujours eu quelque chose de spécial. Elle s’est construite avec le temps, avec son histoire, ses traditions, ses grands clubs. Il y a eu des équipes qui ont marqué leur époque. Brive, par exemple. À l’époque, peu de gens connaissaient vraiment Brive, mais leur façon de jouer était incroyable. On pense forcément à des joueurs comme Grégory Kacala. Vous vous souvenez ? Puis d’autres cycles sont venus. »
« Toulouse a toujours été là. Toulon a eu sa période, avec trois titres d’affilée. À ce moment-là, on se demandait presque qui pourrait les suivre. Et puis les choses changent. Les Wasps ont gagné la H Cup puis ont disparu. Chaque saison est différente. Chaque saison apporte un nouveau défi. La Rochelle est arrivée. Bordeaux aussi. On voit à d’ailleurs quel point leur club a grandi depuis son succès de l’an passé. »
« C’est pour ça qu’il faut protéger cette compétition. Elle met ensemble l’URC, le Top 14, la Premiership. Elle donne au rugby quelque chose de plus grand que les championnats domestiques. Pour moi, c’est essentiel. Si chacun reste seulement dans son coin, ce n’est pas bon pour le rugby. Ces grands rendez-vous, ces grands clubs, ces grands supporters, c’est ce qui fait vivre la Coupe d’Europe. »
Ce samedi, sur la pelouse de San Mamés, se jouera donc bien plus qu’un simple trophée : un morceau d’histoire européenne à écrire pour le Leinster et l’UBB.







