Le Leinster connaît l’une des pires défaites de son histoire européenne. Balayée 41-19 par Bordeaux-Bègles en finale de Champions Cup samedi à Bilbao, la province irlandaise a totalement sombré face à l’intensité et la vitesse de l’UBB.
Malgré cette cinquième finale européenne consécutivement perdue, Leo Cullen, le manager du Leinster, n’a pas semblé complètement abattu. Il a même relativisé l’écart entre les deux équipes, malgré la démonstration bordelaise qui a stupéfié le rugby européen.
**Une finale pliée dès la mi-temps**
Le cauchemar du Leinster a débuté dès les premières minutes. Submergés par plusieurs vagues offensives bordelaises, les Irlandais étaient déjà menés 35-7 à la pause. Une humiliation sans précédent dans une finale de Champions Cup. Cette sévère défaite donne surtout l’impression d’une équipe qui peine à suivre le rythme imposé désormais par Bordeaux-Bègles et Toulouse.
**Leo Cullen refuse de dramatiser l’écart**
En conférence de presse d’après-match, Leo Cullen a reconnu la supériorité de l’UBB, tout en gardant un certain recul.
« Ce n’est pas comme si nous étions à des millions de kilomètres. Je sais qu’il y a un écart important au score aujourd’hui, mais si on regarde ce qu’il s’est passé dans le match, les statistiques, cela reflète surtout le réalisme dont Bordeaux a fait preuve. »
Le manager irlandais a surtout souligné la vitesse de jeu bordelaise, un domaine où le Leinster doit clairement progresser.
« La vitesse avec laquelle ils font les choses est très impressionnante. C’est là-dessus qu’on doit progresser. La vitesse du jeu. »
**“Nous n’étions pas assez bons”**
Malgré cette tentative de relativisation, Cullen assume pleinement la responsabilité de la défaite.
« Malheureusement, quand on se retrouve ici du côté des perdants, c’est qu’on n’a tout simplement pas été assez bons le jour J. »
Il appelle désormais à une remise en question profonde de son groupe.
« C’est quelque chose sur lequel nous devons réfléchir et faire le point. Comment avancer en tant que groupe ? Qu’est-ce qu’on veut vraiment aller chercher ? Parce que, clairement, nous n’avons pas été assez bons aujourd’hui. »
**Une pression croissante sur Leo Cullen**
Cette nouvelle désillusion relance les débats sur l’avenir du manager irlandais. Malgré un effectif fourni et des campagnes européennes régulières jusqu’en finale, le Leinster échoue systématiquement à conclure depuis plusieurs saisons. Étonnamment, quelques minutes seulement après la défaite, Cullen s’est déjà projeté vers la prochaine saison et la compétition locale, l’URC.
« Est-ce qu’on peut progresser et aller gagner l’URC ? Espérons-le. Est-ce qu’on peut devenir meilleurs pour revenir en finale et gagner cette compétition la saison prochaine ? »
Refusant de penser que la domination française est éternelle, il conclut :
« Rien ne reste pareil éternellement dans le sport, non ? »
**“Le match nous a échappé”**
Cullen regrette que son équipe ait laissé Bordeaux-Bègles prendre le contrôle trop rapidement.
« C’est dommage parce que le match nous a un peu échappé en première mi-temps. »
Cependant, il a relevé certains points positifs en seconde période où le Leinster a montré du caractère malgré l’ampleur du score.
« Il y a eu de très bonnes choses dans notre réaction pour essayer de revenir dans le match, et nous avons marqué quelques beaux essais en seconde période. »
Reste que ces efforts furent insuffisants. Le coach déplore aussi les nombreuses occasions gâchées.
« Nous avons encore laissé énormément d’opportunités en route. »
Il décrit la pression mentale d’une telle rencontre face à une équipe comme Bordeaux-Bègles, qui a fait preuve d’une cruauté décisive que son équipe n’a pas su afficher.
« C’est une cocotte-minute là-dehors. C’est très frustrant parce qu’on veut donner une meilleure image de nous-mêmes, on veut avoir cet état d’esprit impitoyable dans l’exécution, mais aujourd’hui nous n’y sommes pas encore. »
**Un hommage à Bordeaux-Bègles**
Enfin, Leo Cullen a tenu à saluer le parcours remarquable de l’UBB, qui a éliminé plusieurs grandes équipes avant cette finale.
« Ils n’ont pas eu un parcours facile jusqu’en finale, en battant Bath, Toulouse et les Bulls à l’extérieur. Ils ont encore montré cela à certains moments. »
Cette défaite marque un tournant pour le Leinster, qui doit désormais repenser son futur pour redevenir un prétendant sérieux à la couronne européenne.







