
Le décès de Marshawn Kneeland continue de soulever de nombreuses interrogations. Huit mois après le suicide du joueur des Dallas Cowboys, les analyses réalisées sur son cerveau ont révélé qu’il souffrait d’une encéphalopathie traumatique chronique (ETC), une maladie neurodégénérative associée aux traumatismes crâniens répétés.
Mais au-delà du cas de l’ancien joueur de NFL, cette découverte remet en lumière des chiffres particulièrement préoccupants pour l’ensemble des sports de contact, du football américain jusqu’au rugby.
Un chiffre qui interpelle les spécialistes
Les travaux menés par le Centre CTE de l’université de Boston illustrent l’ampleur du phénomène. Sur 376 anciens joueurs de NFL étudiés, 345 présentaient des signes d’encéphalopathie traumatique chronique.
Plus inquiétant encore, cette maladie n’épargne pas les plus jeunes.
La docteure Ann McKee, directrice du Centre CTE, explique pourquoi cette découverte ne l’a pas surprise.
« Malheureusement, je n’ai pas été surprise de découvrir des signes d’ETC dans le cerveau de Marshawn Kneeland, car nous avons constaté cette maladie cérébrale évolutive chez près de la moitié des sportifs que nous avons étudiés et qui sont décédés avant l’âge de 30 ans. »
Marshawn Kneeland n’avait que 24 ans lorsqu’il est décédé en novembre dernier.
Une maladie qui reste invisible de son vivant
L’encéphalopathie traumatique chronique est provoquée par l’accumulation de traumatismes crâniens au fil des années.
Cette maladie peut entraîner des pertes de mémoire, des troubles de l’humeur, des modifications du comportement, des difficultés d’équilibre, des troubles du sommeil ou encore des épisodes dépressifs.
À ce jour, aucun examen médical ne permet d’établir avec certitude ce diagnostic chez une personne vivante. L’ETC ne peut être confirmée qu’après le décès grâce à l’analyse des tissus cérébraux.
Les spécialistes précisent également qu’il est impossible d’affirmer avec certitude que cette maladie est directement responsable du suicide de Marshawn Kneeland, même si cette hypothèse alimente les interrogations.
Le rugby n’est pas épargné
Si la majorité des recherches concernent le football américain, les neurologues rappellent que les rugbymen sont eux aussi exposés aux conséquences des chocs répétés.
Depuis plusieurs saisons, World Rugby et les différentes fédérations ont renforcé les protocoles liés aux commotions cérébrales, multiplié les sanctions contre les plaquages dangereux et développé le suivi médical des joueurs.
Pour autant, ces progrès ne suffisent pas encore à rassurer tous les spécialistes.
Le docteur Chris Nowinski estime que les risques demeurent élevés malgré l’évolution des équipements.
« Marshawn Kneeland a joué à une époque où les protocoles relatifs aux commotions cérébrales et les casques de protection étaient plus performants. Nous n’avons donc aucune raison de penser que la génération actuelle court moins de risques de développer une ETC que les générations précédentes. »
Cette nouvelle découverte rappelle ainsi que la question des traumatismes crâniens dépasse largement le seul football américain. À mesure que les connaissances scientifiques progressent, le rugby, les sports de combat et l’ensemble des disciplines de contact continuent eux aussi de s’interroger sur les conséquences à long terme des chocs répétés sur le cerveau des athlètes.







