Le Racing Club Narbonnais a retrouvé la Pro D2 après quatre ans d’absence, grâce à une phase finale spectaculaire couronnée par un titre face à Nice. Ce retour au rugby professionnel est le fruit d’un travail mené par Jacques Delmas, 68 ans, qui a repris les rênes du club trente ans après son premier passage sur le banc orange et noir.
Dans une interview accordée à Midi Olympique, l’ancien talonneur revient sur ce come-back, qu’il qualifie d’inattendu. « Je m’étais dit que je ne reviendrais jamais à Narbonne. J’avais tout vendu ! Certes, j’ai cette passion – qui ne me quittera jamais – mais je ne voulais pas revenir ici. »
Le manager évoque aussi des blessures personnelles liées à son histoire avec le club et la ville : « Je ne vais pas m’étendre là-dessus, mais c’est une ville particulière. On m’avait dit que les gens avaient changé, pas tous malheureusement. Je suis parti il y a 30 ans. Il faut se réadapter à cette ville, mais je vis en dehors. Je viens de ma campagne, où j’habite, jusqu’au stade. Le soir, j’effectue le trajet inverse, et c’est tout. Je vois simplement mes quatre, cinq amis avec qui je partage un repas dans la semaine. Après, je reste concentré sur mon travail. Je préfère me tenir en dehors de tout ça, c’est mieux ainsi. »
Malgré ses réserves initiales, Delmas a finalement accepté de se lancer dans l’aventure narbonnaise, notamment grâce à l’insistance du directeur sportif Charles Malet. « Charles m’a pris par les sentiments. Je savais dès le début que ce serait compliqué. Je connaissais le chantier, je savais par où il fallait que j’attaque. »
Conscient du pari risqué que représentait son retour dans un club aussi chargé émotionnellement, il assume pleinement ses responsabilités : « Si on s’était plantés, je l’aurais assumé aussi. » Pourtant, fidèle à son humilité, il refuse de s’attribuer seul les mérites de la montée et du titre.
Le lendemain de la finale victorieuse contre Nice, Delmas a quitté Narbonne sans attendre : « C’est pour ça que le lendemain de la finale, j’ai pris ma voiture et je suis parti. Je ne voulais pas m’attribuer toutes sortes de choses. Ça appartenait aux joueurs et au staff. » Il ajoute avec simplicité : « Je suis allé voir mes amis de la côte. On a parlé de tout, sauf de rugby. Et ça a suffi à mon bonheur ! »
Enfin, concernant le futur du club et le recrutement à venir, il appelle à la prudence : « On sait tous les efforts qui sont faits par notre groupe d’investisseurs, mais on ne peut pas non plus dépenser l’argent que nous n’avons pas ! Nous n’avons pas le droit de nous tromper, c’est une pression supplémentaire. Narbonne n’est pas une grande ville, on n’a pas des moyens extensibles, donc c’est compliqué. »
Jacques Delmas a donc mené Narbonne vers son objectif avec réalisme et modestie, conscient des défis à venir pour maintenir le club à un niveau professionnel.







