Championne d’Europe et toujours en lice pour le Top 14, l’Union Bordeaux-Bègles (UBB) fait face à un nouveau défi : conserver un effectif capable de rivaliser avec les meilleurs, malgré les contraintes imposées par le salary cap.
Dans un entretien accordé au journal régional Sud-Ouest, le président Laurent Marti détaille les stratégies du club girondin pour maintenir sa compétitivité tout en fidélisant ses joueurs clés.
**Les internationaux, un atout stratégique pour l’UBB**
L’un des leviers majeurs de Bordeaux repose sur le dispositif de crédits accordés aux joueurs internationaux. Laurent Marti confirme que ce mécanisme profite pleinement au club : « C’est déjà compté. Il y aura huit internationaux sur la liste premium, peut-être même neuf. »
Cet avantage est devenu essentiel pour bâtir un effectif solide, capable de rivaliser avec les meilleures formations du championnat : « C’est ce qui nous aide à formuler des offres et à faire un recrutement qui tient la route. »
Toutefois, le président rappelle que la stabilité financière repose sur un engagement collectif : « Il faut aussi que les joueurs comprennent qu’ils ne peuvent pas tout demander pour eux. Ils ont la chance d’évoluer dans un club compétent, sain, qui progresse, qui est ambitieux. »
**Laurent Marti rejette le concept de « marquee player »**
Face à la proposition récente du syndicat Provale, qui suggère de laisser certains joueurs exploiter davantage leurs droits à l’image sans impact sur le salary cap, Laurent Marti se montre catégorique : « Ça revient à parler d’un « marquee player ». Et moi, je m’y suis toujours opposé parce que je trouve que c’est anti-rugby. »
Le président estime qu’un tel système porterait atteinte aux valeurs fondamentales du rugby : « Le « marquee player », c’est choisir le joueur qui te semble être le meilleur et le payer sans limite. »
Selon lui, cette logique risque de fragiliser la cohésion d’un groupe : « Ce même joueur n’est pas forcément le meilleur l’année d’après. Et puis c’est contraire à l’esprit d’un vestiaire : les gars savent très bien qu’ils jouent avec des mecs mieux payés qu’eux. »
**L’UBB pourra-t-elle conserver toutes ses vedettes ?**
Avec l’émergence de nombreux internationaux français dans son secteur arrière, l’UBB doit faire face à la rumeur de départs potentiels. Laurent Marti reconnaît avoir été inquiet : « Il y a deux ans, j’avais dit à Yannick Bru avoir peur qu’on n’arrive pas à garder tout le monde. »
Mais la situation s’est améliorée : « Pour l’instant, on y arrive parce que le salary-cap augmente. »
**Un effectif mieux équilibré et en cours de renforcement**
Le président se montre également confiant quant à l’équilibre et au potentiel du groupe : « Cette année, on a montré qu’on était plus équilibré entre devant et derrière. »
Les prochaines arrivées renforcent encore cet optimisme : « Il y a eu une ou deux pépites qui arrivent devant à l’UBB, il y a un très gros joueur qui signe. »
Il conclut avec sérénité : « J’ai espoir qu’on ait les armes suffisantes. »
Malgré les pressions économiques qui pèsent sur l’ensemble du Top 14, Laurent Marti est convaincu que l’UBB dispose aujourd’hui des moyens nécessaires pour s’imposer durablement parmi les références du rugby français et européen.







