Sacrée championne d’Europe, l’Union Bordeaux-Bègles (UBB) a pourtant vécu une saison 2025-2026 profondément agitée en interne. Derrière le succès sportif et le deuxième sacre en Champions Cup, de lourdes tensions ont miné le club, révélant une fracture au sein du staff, selon les révélations de RMC Sport.
Dès l’automne dernier, deux camps se sont progressivement formés au sein de l’équipe technique. D’un côté, le manager Yannick Bru et ses collaborateurs proches, de l’autre, le responsable de la performance Thibault Giroud accompagné de plusieurs membres de la cellule physique. Cette division a peu à peu pris de l’ampleur, affectant le quotidien du club.
Le point de départ de ces tensions remonte à une prise de position publique de Yannick Bru, qui a souligné que le succès européen était “avant tout celui d’un collectif et non d’un individu”, en réponse à la mise en avant du travail de Thibault Giroud dans les médias. Cet épisode a marqué un tournant dans leurs relations, exacerbées lors d’un déplacement à Pretoria, en Afrique du Sud, où les échanges sont devenus particulièrement tendus. Malgré tout, Bru a maintenu un discours public unificateur.
Les désaccords se sont rajoutés à des différends contractuels, notamment autour de l’avenir de certains membres du staff. Avant la saison, le président Laurent Marti avait annoncé une révision des situations individuelles, sans calendrier précis. La priorité était la prolongation de Yannick Bru jusqu’en 2029, laissant Thibault Giroud dans l’expectative. Selon RMC Sport, Giroud a finalement accepté une proposition de Bayonne, mais reste sous contrat avec l’UBB jusqu’en juin 2027. Refusant de partir dans n’importe quelles conditions, le préparateur physique est au centre d’un dossier délicat que le club peine à résoudre.
Les tensions s’étendent aussi hors du secteur physique. Yannick Bru aurait informé Christophe Laussucq, entraîneur de la défense, qu’il ne souhaitait plus le conserver dans ce rôle. Propositions de reclassement vers le développement des jeunes ou un poste technique autour du jeu au pied ont été faites, mais rejetées par l’ancien demi de mêlée. Ces épisodes ont contribué à dégrader ses relations avec Aurélien Cologni, responsable des skills défensifs et futur chef de la défense.
Au-delà des rivalités professionnelles, l’atmosphère est devenue “glaciale” au quotidien. Deux groupes distincts cohabitent difficilement, allant jusqu’à ne plus partager les repas, symbole d’une fracture profonde. Dans ce contexte, plusieurs cadres du vestiaire, dont le capitaine Maxime Lucu, ont joué un rôle crucial pour maintenir l’unité de l’effectif face à ces turbulences.
Au final, cette saison 2025-2026 restera contrastée pour l’UBB, marquée autant par un triomphe européen que par des déchirements internes révélateurs d’un club en pleine mutation.







