Une partie du championnat régional féminin de rugby à dix a été marquée par une vive controverse ce samedi 6 juin. Lors du match entre les Coquelicots Montechois et l’US Bergerac Vallée Dordogne, une joueuse de Bergerac, Tessa Eliezer, a dénoncé une insulte à caractère raciste proférée par une adversaire.
Âgée de 25 ans, Tessa Eliezer raconte avoir entendu ces mots durant une phase de jeu : « On était en pleine action et après un ruck, je déblaye et la joueuse adverse tombe au sol. Elle m’attrape le maillot et m’adresse un “Putain de noire”. » Très affectée, elle confie : « Je tremblais, j’ai pleuré pendant un long moment car ça fait 13 ans que je fais du rugby et je n’avais jamais entendu ça sur un terrain. »
Certaines démarches sont déjà engagées. « Les arbitres affirment qu’ils n’ont pas entendu, mais je suis certaine d’avoir entendu cette insulte », affirme la joueuse, qui, soutenue par son club, a annoncé son intention de déposer une plainte pour injure raciste. Sur les réseaux sociaux, elle a dénoncé ce comportement : « Je tiens aujourd’hui à dénoncer publiquement ce comportement, car le racisme n’a sa place ni sur un terrain de rugby, ni ailleurs. »
La défense de l’accusée a suscité l’indignation de Tessa Eliezer. Selon elle, l’entraîneur et une coéquipière de la joueuse mise en cause auraient justifié les faits en déclarant : « Elle ne peut pas être raciste, son copain est arabe ! » Une explication qu’elle rejette fermement : « Avoir un compagnon, un ami ou un proche d’une certaine origine ne constitue pas une excuse et ne permet pas de nier ou minimiser des comportements racistes. » Elle conclut : « J’espère que les mesures nécessaires seront prises afin que de tels actes ne se reproduisent plus. Le silence protège les auteurs, jamais les victimes. »
Du côté des Coquelicots Montechois, les accusations sont vigoureusement rejetées. Benjamin de Raed, co-président du club, déclare soutenir pleinement la joueuse mise en cause : « C’est une jeune que je connais très bien, qui n’est pas du genre à dire cela. » Il ajoute : « Je la crois à 100 % », tout en reconnaissant que l’affaire affecte profondément la joueuse. Le dirigeant se dit prêt à rencontrer les responsables du club de Bergerac pour discuter des faits.
La commission de discipline de la Ligue Nouvelle-Aquitaine de rugby a été saisie et mène actuellement une enquête afin de déterminer ce qui s’est réellement passé. Cette affaire pourrait connaître de nouveaux développements dans les semaines à venir.







