À quelques heures du barrage décisif entre le Stade Français et La Rochelle, Yoan Tanga affiche une excitation contrôlée. L’ancien troisième ligne rochelais s’apprête à défier son ancien club dans une rencontre cruciale qui peut propulser les Parisiens en demi-finale du Top 14.
Malgré des liens forts avec plusieurs joueurs du côté de Marcel-Deflandre, l’international français assure que « les sentiments resteront au vestiaire ». Il explique à Midi Olympique : « J’ai encore pas mal d’amis là-bas. Après, ça fait maintenant deux saisons que je suis ici, deux ans que je suis parti. Quand on arrive sur le terrain, on ne pense pas à tout ça. On ne laisse pas trop de place aux émotions, parce que c’est quelque chose qui peut nous jouer des tours. On parle un peu avant le match avec les quelques copains du Stade rochelais, mais on débriefera plutôt après le match. »
Cette rencontre s’annonce féroce, notamment au cœur de la troisième ligne. Tanga souligne la qualité de ses adversaires : « Ils ont une très belle troisième ligne, de niveau international, avec pas mal de joueurs aux profils différents. Je pense que ça va être une bonne bataille. » Mais il rappelle que le Stade Français possède aussi de solides atouts : « Nous aussi, on est bien armés en troisième ligne. Ce sera un beau duel ce week-end. »
Une bonne nouvelle pour Paris : le probable retour de Tanginoa Halaifonua. Un renfort essentiel selon Tanga, qui confie : « Dites-vous que le staff a changé un joueur de poste juste pour le remplacer. Donc ça veut dire pas mal de choses. C’est un joueur incroyable, très physique, très dur. C’est vrai que, dans la vie de tous les jours, sur une semaine, si vous venez passer du temps avec nous, vous n’entendrez pas une seule fois sa voix. Mais physiquement, il est impressionnant. En fait, c’est un monstre. »
Sur le plan tactique, Tanga cible un point faible de La Rochelle, réputée pour son intensité dans les rucks. « Je connais un peu le système défensif de La Rochelle. Je ne crois pas qu’il ait beaucoup changé depuis mon départ. C’est une équipe qui a beaucoup de gratteurs. Devant, ils doivent en avoir au moins quatre, voire cinq sur huit. Derrière, ils sont presque tous capables de gratter, les ailiers et les centres. Quand tu as beaucoup de gratteurs, tu as beaucoup de gens qui veulent gratter. Tu as beaucoup de mecs qui mettent les mains dans les rucks. C’est pour ça que je pense qu’ils sont parfois à la limite. »
Le Stade Français a d’ailleurs particulièrement travaillé ce secteur cette semaine. « On a donc ciblé ce secteur de jeu parce que, samedi dernier, on s’est un peu fait chier dans les rucks. On a notamment perdu quelques ballons. »
Sur le plan mental, la prudence prévaut, même si le Stade Français aborde ce barrage avec confiance, fort de sa troisième place en phase régulière. Pour Yoan Tanga, l’objectif est clair : « Sur un match comme celui-là, il faut vraiment se concentrer sur nous. On va quand même se nourrir des bonnes choses qu’on a faites dans le passé, notamment cette saison, et essayer de corriger les erreurs qu’on a pu faire le week-end dernier contre les Rochelais. Voilà comment on prépare ce barrage. »
À Paris, l’ambition est nette : prolonger une saison déjà réussie et décrocher une place dans le dernier carré du Top 14.







