Le Stade Toulousain affronte le Racing 92 ce vendredi soir au Vélodrome dans une demi-finale de Top 14 qui s’annonce explosive. Pour Pierre-Henry Broncan, plusieurs éléments clés seront déterminants : l’absence de Thomas Ramos, la bataille au centre du terrain et le retour d’Antoine Dupont.
Le sélectionneur de la Géorgie prédit avant tout un combat physique intense face à un Racing porté par la confiance après sa victoire en barrage à Pau. Dans une interview accordée à La Dépêche, il approfondit son analyse.
### Thomas Ramos absent, mais Toulouse conserve des atouts
L’absence de Thomas Ramos est un coup dur pour le Stade Toulousain, selon Broncan.
« Un gros, car c’est un joueur de phases finales, un compétiteur, et aussi le buteur de Toulouse. Mais Romain Ntamack, lors de son dernier match au Vélodrome, a signé un 100 % face aux perches, donc il possède certainement de bons repères dans ce stade. Ramos est vraiment quelqu’un d’important, même si Kinghorn, qui le remplace à l’arrière, dispose des qualités nécessaires, notamment dans le jeu aérien, pour répondre au Racing. On parle tout de même d’un international écossais. »
Concernant l’avantage supposé de fraîcheur pour Toulouse après deux semaines sans match, Broncan reste prudent.
« Pas trop, parce que les joueurs récupèrent beaucoup plus vite en phases finales. Tout le monde désire disputer ce genre de match. Quand tu réalises une belle fin de saison, que tu gagnes à Pau en barrages, tu es bien dans ta tête. Donc les Racingmen n’auront pas cette fatigue. Mentalement, ils seront frais. »
### La légère baisse de régime toulousaine ne l’inquiète pas
Les performances parfois en dent de scie du Stade Toulousain en fin de saison ne l’alarment pas. Pour lui, cette baisse est liée à une préparation physique ciblée en vue des phases finales.
« Les Toulousains ont su assez tôt qu’ils étaient qualifiés directement en demies. Et, en fin de saison, ils ont fait un gros travail physique qui a justement touché le secteur rugby. Comme tu es moins bien physiquement, tu es moins frais sur les rencontres, moins vif. C’est aussi pour ça qu’on a vu quelques blessés tomber dans leurs rangs. Pour moi, la « baisse » du niveau toulousain n’est que physique, et ce travail a été accompli afin de bien préparer cette demi-finale. »
Broncan note également la difficulté particulière des demi-finales.
« C’est, selon moi, l’œuvre de la pression. Celle d’être en demie directement, quand ton adversaire n’a rien à perdre. Le Stade est programmé pour la finale, gagne tout depuis trois ans, et a l’habitude des rendez-vous de ce genre. D’un autre côté, tout le monde veut le faire chuter, cela ajoute de la pression. La demie est le match le plus difficile. La finale, les Haut-Garonnais en maîtrisent parfaitement le contexte, l’environnement. Pour les demies, l’enceinte change chaque saison. Or là, le Vélodrome est un stade qui réussit aux Toulousains récemment : on le voit sur les délocalisations contre Toulon, la finale de 2024 face à l’UBB. Ça peut compter, car l’équipe dispose des repères là-bas. »
### Un Racing 92 renforcé dans la puissance
L’analyse de la composition du Racing 92 révèle une volonté claire d’imposer un défi physique majeur aux Toulousains, selon Broncan.
« Patrice Collazo a alourdi son paquet d’avants. Il rentre Hughes, un gros porteur, en numéro 8, Hill dans la cage pour gérer la touche. Ensuite, il y a une réorganisation derrière avec la blessure de Hulleu et certainement celle d’Habosi. Mais avec Fickou et Tuisova au centre, le milieu du terrain sera quand même dense. Avec ce banc en 6-2, je trouve que Collazo a changé le style de son équipe par rapport à Pau. C’est peut-être pour plus s’appuyer sur la domination des collisions offensives, afin de plus porter le ballon contre le Stade. »
La bataille du milieu du terrain s’annonce décisive.
« Oui, car ce sont deux excellents défenseurs, de niveau international. Ils sont physiques, mais leur lecture défensive est aussi très bonne. Pour Gourgues, je ne connais pas sa capacité à lire le jeu défensivement, mais c’est un garçon également solide, rapide, avec un énorme potentiel. Et le côté vitesse pèse aussi dans ces oppositions. Le milieu du terrain sera une zone cruciale, ça va cogner fort. Offensivement, il sera important d’aller défier ces joueurs franciliens, car ils sont capables de sortir de la ligne et donc d’ouvrir des intervalles. Alors oui, il n’y a pas Habosi, mais la puissance est toujours là, Fickou n’est d’ailleurs pas en reste et est un excellent défenseur. »
### Le retour d’Antoine Dupont ne fait pas peur
Le retour du capitaine toulousain après plusieurs semaines d’absence suscite beaucoup d’attentes, mais pas d’inquiétude chez Broncan.
« Totalement, c’est logique. Avoir ce joueur à ce poste est important, encore plus avec l’absence de Thomas Ramos. Aussi, il y a deux numéros neuf qui reviennent de blessure. Paul est un très bon joueur. Quant à Antoine, on se soucie de son niveau, mais personnellement, je ne m’inquiéterais pas. Il va faire une énorme demie et d’énormes phases finales.
C’est un compétiteur qui est revenu d’une grosse blessure, qui a connu un petit pépin en fin de saison, mais comme je le disais, c’est à mon sens dû à un travail physique mené au préalable. Pour la gestion d’Antoine, le staff, le club entier, maîtrise bien la chose. Dupont est une star, mais ce n’est pas le premier grand joueur à évoluer au Stade Toulousain. Je suis certain qu’il est prêt. »
Ce choc entre deux poids lourds du rugby français promet donc un affrontement âpre et tactique, où chaque détail comptera.







