Quelques minutes après la victoire du Montpellier Hérault Rugby (MHR) contre le Stade Français (25-15) qui valide sa qualification pour la finale du Top 14, Bernard Laporte affichait un large sourire, pleinement conscient du chemin parcouru par le club héraultais.
Le directeur du rugby du MHR ne manque pas de rappeler d’où vient Montpellier. Interrogé par Midi Libre, il salue d’abord l’engagement quotidien des joueurs et du staff : « Je suis content pour eux, surtout. Quand je dis eux, c’est le staff, les joueurs, bien sûr. Mais vraiment, je suis ravi pour eux. »
Laporte insiste sur le professionnalisme et la passion qui animent le groupe : « Ce sont des gens passionnés, très professionnels, qui travaillent bien. » Mais il remet aussi les choses en perspective, rappelant une réalité parfois oubliée : « Après, on est loin d’être les meilleurs du monde. Il y a deux ans, on devait descendre en Pro D2… »
Le dirigeant revient sur le match et concède que Montpellier aurait pu aborder la rencontre de manière plus rigoureuse : « On a peut-être un peu abusé avec nos avants, parce qu’on sentait une certaine domination. » Il regrette notamment de ne pas avoir davantage utilisé les lignes arrière : « À un moment donné, on aurait dû peut-être changer, utiliser plus nos trois-quarts. »
Malgré ces réserves, Laporte reste fier de la progression spectaculaire de son équipe : « Avec la domination qu’on a eue devant, on doit gagner de plus, on ne s’est pas mis à l’abri assez tôt. Mais je le répète, il y a deux ans, on était aux fraises, aux patates. »
À quelques jours de la finale face au triple champion de France en titre, le Stade Toulousain, Bernard Laporte garde la tête froide. « Grâce aux joueurs et à ce staff, c’est un club qui vit bien, un club heureux. » Mais il refuse toute forme d’arrogance : « On sait très bien que nous ne sommes pas les meilleurs du monde. »
Le directeur du rugby rend un hommage appuyé à l’adversaire : « Il arrive surtout une grande équipe, pour laquelle j’ai beaucoup de respect. » Et il lance un message clair, plein de détermination : « En finale, Toulouse ne dira pas qu’il est favori mais pendant 80 minutes, on sera là. Une finale, c’est une finale. J’espère qu’on sera à la hauteur. »
En seulement deux ans, Montpellier est passé de la peur de la relégation à l’élite à la possibilité de décrocher un titre national. Une trajectoire que Bernard Laporte n’est visiblement pas prêt d’oublier.







