Quelques jours après un moment inoubliable sous le maillot du XV de France, Tom Staniforth s’est livré avec une grande sincérité à Midi Olympique. Derrière la fierté d’avoir chanté la Marseillaise se cache un parcours marqué par le doute, les sacrifices et une grave blessure qui a failli mettre un terme à sa carrière.
Le deuxième ligne de Castres Olympique a désormais un seul but : obtenir sa première sélection officielle avec les Bleus.
### Une blessure qui a failli tout arrêter
Avant d’accéder à l’équipe de France, Tom Staniforth a traversé une période particulièrement difficile. La saison dernière, une grave blessure à la cheville l’a tenu éloigné des terrains pendant plusieurs mois, au point de remettre en question son avenir dans le rugby.
« La saison dernière, à cause de ma cheville. Je n’ai quasiment pas joué de la saison. Je souffrais vraiment. C’était l’enfer », confie l’Australien d’origine.
L’émotion est encore palpable lorsqu’il évoque cette épreuve : « J’ai cru que je ne rejouerais jamais au rugby. Mais c’est dur d’en parler. »
Cette douleur et ce combat expliquent pourquoi ses premiers pas avec le XV de France ont eu une saveur si particulière.
### Une Marseillaise chargée d’émotion
Vendredi dernier, à Vannes, Tom Staniforth a disputé son premier match sous le maillot français, face à l’Angleterre XV. Si cette rencontre ne compte pas officiellement comme une sélection, le deuxième ligne de 32 ans a vécu un moment « inoubliable ».
« De nombreux sentiments se sont bousculés, notamment la reconnaissance envers tous ceux qui m’ont accompagné pendant ma carrière : ma femme, mes parents, mes enfants, toutes les personnes présentes dans les moments difficiles comme dans les bons. En fait, c’était un moment très émouvant, parce que j’ai repensé à tout le chemin parcouru et à tout ce qu’il a fallu faire pour en arriver là. Je me suis dit qu’enfin j’étais international français, même si ce match n’a pas décerné de sélection. Mais quelle fierté quand même, quelle opportunité exceptionnelle pour moi. C’est vraiment un privilège », confie-t-il.
Parmi les figures marquantes de son parcours, Tom Staniforth rend un hommage appuyé à Pierre-Henry Broncan, celui qui lui a ouvert les portes du rugby français.
« C’est lui qui m’a contacté, lui qui m’a fait confiance. Je serai toujours reconnaissant envers lui. Je me souviens encore du message qu’il m’a envoyé au début de notre discussion. Ce message a changé ma vie. Ce message, je l’ai gardé. Il est important pour moi. »
### « Être Français, c’est un cadeau tombé du ciel »
Installé depuis plusieurs années dans le Tarn, Tom Staniforth explique que son attachement à la France s’est construit naturellement. Arrivé avec seulement deux valises, il a aujourd’hui une vie transformée.
« Quand nous sommes arrivés en France, ma femme et moi n’avions pas d’enfants, seulement deux valises. Maintenant, on a une maison, trois enfants et plein de belles choses sont arrivées dans notre vie. Mes enfants ne sont ni Français ni Australiens. Ils sont Castrais (rires). J’aime cette ville où les gens travaillent dur et vivent pour le rugby », raconte-t-il.
Le joueur refuse toutefois d’opposer ses deux pays de cœur, y voyant au contraire une richesse inestimable : « Être Français, c’est un cadeau tombé du ciel. Je suis capable de prendre le meilleur de chacun des deux pays, des deux cultures et d’en profiter. C’est une vraie chance. (…) Je n’ai pas à choisir. »
S’il rêve désormais de défier un jour l’Australie sous le maillot tricolore, Staniforth préfère rester concentré sur l’essentiel.
« Mon but, c’est juste de décrocher une première cape, une sélection. Peu importe l’adversaire. »
Interrogé sur ses ambitions pour la Coupe du monde, il reste pragmatique : « Je ne veux pas regarder si loin. Comme je l’ai déjà dit, d’abord, je veux pouvoir gagner une première sélection. Chaque chose en son temps. »







