
La soirée de Rodrigue Neti avait tout d’un moment inoubliable. En plus de participer au quatrième titre consécutif du Stade Toulousain après la victoire contre Montpellier (28-20), le pilier gauche célébrait également son 200e match sous les couleurs « rouge et noir ».
Entre émotion, fierté et quelques piques adressées aux anciens, l’international français est revenu sur une soirée qui restera gravée dans sa carrière.
« Quand les matchs comptent, on répond toujours présent »
Le pilier toulousain reconnaît qu’il est encore difficile de mesurer l’ampleur de l’exploit réalisé par cette génération.
« Là, ce n’est pas facile de réaliser (sourire). Je pense qu’on s’en rendra compte quand tout va redescendre. Mais c’est incroyable. On a été se la chercher. Il faut qu’on arrive à bien le célébrer parce que c’est important. Cela n’arrive pas souvent (le quadruplé), là, on a eu l’occasion de le faire donc c’est très bien pour nous. »
Après les critiques reçues en fin de saison, Rodrigue Neti estime que le Stade Toulousain a une nouvelle fois répondu présent lorsque les enjeux étaient les plus importants.
« Ce qu’on s’est dit, c’est que quand ce sont des matchs qui comptent, on a toujours ce visage qui change. On arrive à être prêts quand ça compte. On adore ces challenges. On est des compétiteurs, on a envie de toujours chercher le moindre truc. Quand les matchs comptent, on répond présent. Félicitations à tout le monde, à cette équipe de Montpellier qui n’a pas démérité. C’est une saison malgré tout réussie pour elle après avoir rapporté la Challenge Cup, terminée deuxième et fait une finale. Tout n’est pas négatif pour eux. Cela a été un beau combat. Maintenant, il faut célébrer parce que c’est important. »
« J’ai été me le chercher »
Le pilier gauche vivait également une soirée très particulière sur le plan personnel avec son 200e match sous le maillot toulousain.
« Pour moi, ce soir, c’était une 200e avec ce maillot du Stade. C’est beaucoup d’émotion parce que j’ai eu la remise de maillot hier (vendredi). Faire 200 matchs dans un club comme le Stade, ça marque une carrière de joueur. Ce n’est pas neutre, je pense. C’est un symbole fort. Le Stade, c’est le club qui m’a fait grandir. Je suis devenu le joueur que je suis, mais aussi l’homme. Ça m’a permis de changer. J’arrive de Nouvelle-Calédonie, je fais 22 000 kilomètres, j’arrive à l’âge de 16 ans. J’ai eu un parcours un peu en dents de scie qui a démarré, mais quand je regarde derrière moi, je suis assez fier de mon parcours. Et surtout, j’ai été me le chercher. Ça n’a pas été facile, mais c’est une belle récompense ce soir. »
Neti est également revenu sur le défi lancé au pack toulousain face à la redoutable mêlée montpelliéraine.
« On connaissait les points forts de Montpellier, la conquête directe, que ce soit les touches, la mêlée, qu’on avait pu voir sur cette saison. Et même nous aussi, qui avons eu un mauvais souvenir du match aller sur cette saison régulière, on a bien bossé, je pense, sur la conquête. On s’est donné les moyens de pouvoir rivaliser contre cette équipe. On a mis beaucoup de focus là-dessus, c’était important pour nous. Et comme je l’ai dit, quand on a des matchs qui comptent, quand ça compte, on répond toujours présent. »
« Monsieur Cazalbou, on arrive ! »
En égalant le quadruplé réalisé dans les années 1990, les Toulousains rejoignent une génération entrée dans la légende du club. Rodrigue Neti n’a d’ailleurs pas résisté à une petite plaisanterie.
« Oui, bien sûr, on en a parlé avant mais on voulait vivre le moment présent. On voulait d’abord se focaliser sur cette finale parce que, comme je le répète encore, Montpellier, c’est une sacrée équipe. Devant, c’était costaud. Ils nous ont mis à mal sur la saison régulière, aussi sur le match retour. On égale le record, mais maintenant, il n’est plus seul, Monsieur Cazalbou, on arrive (rires) ! »
Avant de penser à un éventuel cinquième sacre consécutif, le pilier préfère savourer pleinement celui-ci.
« Non, je ne sais pas. Déjà, on va savourer celui-là parce qu’il ne faut pas qu’on banalise ces moments. C’est vraiment important. 200 matchs, une finale, un Brennus de plus, c’est ce qui va rester plus tard, quand on aura arrêté nos carrières. Ce sont les souvenirs qui vont rester. »
« Il vaut mieux avoir un Jack dans son équipe »
Rodrigue Neti a également rendu un vibrant hommage à Jack Willis, encore décisif dans les moments chauds de la finale.
« C’est pareil pour moi (rires) ! Il vaut mieux avoir un Jack dans son équipe que dans l’équipe adverse. Et il y a un Jack dans notre équipe. »
Le pilier a notamment insisté sur l’importance du grattage réalisé par l’Anglais alors que Toulouse évoluait à quatorze.
« Bien sûr, surtout que ce sont des temps forts de Montpellier. Sur l’action où Matthis (Lebel) prend un carton, on est à 14, ils jouent une pénalité à la main et derrière il gratte le ballon. Et ça, ça te fait sortir de ton camp, tu sors de la pression. Et du coup, le match n’est pas pareil. S’ils marquent là, c’est sûr que du coup, il faut refaire les efforts et tout ça. Après, notre retour de mi-temps est catastrophique mais on ne va retenir que la victoire ce soir. »
S’il reconnaît une baisse de régime après la pause, Rodrigue Neti préfère finalement retenir uniquement le résultat.
« Je pense qu’on a juste eu ce petit retour de mi-temps qui fait qu’on a baissé un peu de rythme. On était moins en éveil que sur la première mi-temps où il y a 25 à 6. Le retour de mi-temps, tu prends deux bouillons et derrière, tu es un peu sous pression aussi. On a des jeux au pied qui font que ce n’est pas très net. Mais comme je dis, il y a une victoire au bout, il faut retenir l’essentiel. »







