
Il n’aurait sans doute pas pu imaginer meilleur scénario. Pour sa toute première apparition sous le maillot du XV de France, Aaron Grandidier-Nkanang a marqué les esprits en inscrivant un doublé lors de la large victoire des Bleus contre l’Australie (42-26), samedi à Brisbane.
Une soirée parfaite pour le champion olympique de rugby à 7, qui poursuit une ascension aussi spectaculaire qu’improbable.
À 26 ans, l’ailier du Section Paloise savoure un parcours construit à force de travail, lui qui a découvert le rugby sur le tard avant de connaître le sommet à sept, puis de réussir son pari de s’imposer à XV.
Un parcours hors du commun avant d’arriver chez les Bleus
Né à Londres d’un père anglais d’origine nigériane et d’une mère française, Aaron Grandidier-Nkanang ne suivait pas le chemin classique des internationaux français. Passionné de basket durant sa jeunesse, il ne reprend réellement le rugby qu’à l’âge de 17 ans.
Son arrivée à Brive en 2020 est compliquée, mais sa carrière prend un tournant grâce au rugby à 7. Jusqu’à décrocher un titre olympique avec la France à Paris en 2024.
Revenu ensuite au rugby à XV avec la Section Paloise, il poursuit sa progression jusqu’à convaincre Fabien Galthié de lui offrir sa première sélection.
« Rien ne m’a été donné »
Auteur de deux essais dès son baptême international, Aaron Grandidier-Nkanang n’a pas caché son immense émotion après la rencontre.
Le nouvel international français a mesuré tout le chemin parcouru pour atteindre ce moment.
« C’est pour des moments comme ça que je fais du sport. Avec mon chemin, ça rend les choses tellement plus belles. Il y a autant d’émotions parce que rien ne m’a été donné. J’ai dû tout aller chercher. Il y a énormément d’émotions. »
Une émotion déjà très présente la veille lors de la remise des maillots, qu’il avait ensuite tenté de canaliser avant le coup d’envoi.
Une préparation mentale qui a porté ses fruits
Avant de fouler la pelouse de Brisbane, le Palois avait suivi une routine bien précise pour maîtriser la pression.
Entre visualisation, respiration et musique, il a trouvé les ressources nécessaires pour vivre pleinement ce rendez-vous.
« Il y avait du stress, de la fierté, de la confiance, de l’excitation… Et de marquer un essai tôt dans le match, ça m’a permis de me mettre en confiance et de me dire que je méritais d’être là. Ça m’a un peu libéré. »
Son premier essai, inscrit dès la 18e minute après un ballon parfaitement exploité, lui a effectivement permis de jouer totalement relâché. Il récidivait ensuite en seconde période pour conclure une soirée inoubliable.
« Je suis très chanceux »
Avec ce doublé, Aaron Grandidier-Nkanang rejoint un cercle particulièrement fermé. Champion olympique à sept, il est désormais également international à XV, un objectif qu’il poursuivait depuis son arrivée en France.
L’ailier savoure cette trajectoire peu commune avec beaucoup de fierté.
« Je suis tellement fier du chemin. Le titre olympique, cette première sélection… J’ai vécu deux moments incroyables, deux histoires différentes. Mon rêve en arrivant en France, c’était de devenir international à 15. Puis le 7 m’a accueilli quand ça ne se passait pas très bien. Je suis très chanceux parce que j’entre dans le cercle assez fermé des internationaux à 7 et à 15. »
Après une telle entrée en matière, Aaron Grandidier-Nkanang a déjà marqué de précieux points dans la course aux prochaines échéances du XV de France. Son histoire, elle, ne fait probablement que commencer.







