
En quelques années, La Plagne est devenue un rendez-vous incontournable de la préparation estivale des clubs professionnels. Cet été, cinq équipes, dont trois pensionnaires du Top 14, ont choisi de s’installer plusieurs jours dans la station savoyarde.
Un succès qui n’a pourtant rien d’un hasard.
Un phénomène qui prend de l’ampleur
Grenoble, Oyonnax, Vannes, Castres et Clermont ont tous programmé leur stage de présaison à plus de 2 000 mètres d’altitude.
Un choix qui confirme l’attractivité grandissante de la station, déjà fréquentée ces dernières années par Lyon ou La Rochelle.
L’objectif n’est pas uniquement de profiter de la montagne. Les clubs recherchent avant tout un environnement entièrement pensé pour leurs besoins : terrain naturel, infrastructures sportives et possibilité de vivre ensemble durant plusieurs jours.
Une stratégie construite sur mesure
Ce développement résulte d’un véritable travail mené depuis la sortie de la crise sanitaire.
La station s’est progressivement équipée pour répondre aux attentes des équipes professionnelles, notamment avec un terrain en gazon naturel installé au pied des remontées mécaniques. Grâce à une gestion spécifique de la fonte des neiges et à un sol calcaire facilitant le drainage, la pelouse répond désormais aux exigences du haut niveau.
Mais l’ambition est allée plus loin.
À la demande du RC Vannes, une salle de musculation a même été installée directement au bord du terrain, un équipement qui profitera ensuite au Castres Olympique et à Clermont.
Pour Simon Boisbluche, responsable de la performance du RC Vannes, cette capacité d’adaptation a pesé dans la décision du club comme il l’explique pour L’équipe :
« C’est une démarche qui n’est pas commune. D’autant que nous avions quelques exigences qui n’étaient pas simples non plus. On voulait une salle de musculation en bord de terrain, ce qui ne se faisait pas jusque-là. »
Bien plus qu’un simple stage en altitude
Contrairement aux idées reçues, l’altitude n’est pas le principal argument.
Christophe Urios ne cache d’ailleurs pas que ce n’était pas la motivation première de Clermont.
« On n’y va pas pour l’altitude, car ce n’est pas en une semaine de travail qu’on aura des bénéfices. Mais je trouvais que c’était une bonne idée car ça nous permet de changer un peu d’air. »
L’intérêt réside surtout dans le changement d’environnement, la cohésion de groupe et des infrastructures adaptées à la préparation physique.
La Plagne veut désormais assumer son identité rugby
Pour la station, accueillir ces clubs dépasse largement le cadre sportif.
Les partenariats noués avec plusieurs équipes se traduiront cette saison par une visibilité lors des rencontres de Top 14, tandis que le Castres Olympique proposera même à ses supporters de prolonger l’expérience en altitude.
Une stratégie qui s’inscrit dans une volonté plus large de développer l’activité estivale des stations de montagne.
Le directeur de l’office de tourisme, Cédric Lathoud, assume pleinement cette orientation.
« On est une terre de rugby aujourd’hui, je pense qu’il va falloir qu’on l’assume désormais. Et en plus de cela, on veut s’orienter à nouveau vers le cyclisme. »
En quelques étés, La Plagne est ainsi passée du statut de station de sports d’hiver à celui de destination privilégiée des clubs de rugby professionnels. Un positionnement qui pourrait encore se renforcer dans les prochaines années.







