
Avant d’être considéré comme l’un des jeunes joueurs les plus prometteurs du Stade Toulousain, Matias Remue était simplement un gamin de Bruxelles passionné de rugby. Un choix peu commun dans un pays où le ballon ovale reste très largement derrière le football. Pourtant, quelques années plus tard, l’international belge poursuit sa progression dans le club le plus titré de France et inspire déjà toute une génération de jeunes rugbymen dans son pays.
Son histoire ne se résume d’ailleurs pas à son arrivée à Toulouse. Elle débute bien plus tôt, aux côtés de son frère jumeau Florian, avec lequel il a grandi, appris, rivalisé… et construit une carrière qui continue aujourd’hui de les lier.
Deux frères, une seule obsession : gagner
Avant les sélections avec la Belgique ou les entraînements à Ernest-Wallon, les deux jumeaux partageaient déjà tout.
Le rugby, mais aussi une concurrence permanente.
Florian Remue raconte dans Midi Olympique :
« Nous étions assez chamailleurs l’un avec l’autre. On était jumeaux, enfin on l’est toujours, mais on se disputait pas mal quand on était petits. Et dès qu’on s’affrontait, c’était comme si on jouait la Coupe du monde, on voulait toujours battre l’autre. »
Cette rivalité n’a jamais réellement disparu.
Sébastien Guntz sourit encore en évoquant leurs duels :
« Si vous les mettez devant une table de ping-pong, le match ne s’arrêtera jamais car ils sont mauvais perdants tous les deux. En sélection, lors des échauffements ou des foot-tennis, il ne faut surtout pas les mettre ensemble car ils trichent pour gagner, et si on les met l’un contre l’autre, on risque d’avoir de la tension. »
Au-delà de l’anecdote, cette compétition permanente a contribué à leur progression.
Guntz poursuit :
« Cette hargne et ce refus de la défaite les ont motivés et tirés vers le haut. »
Florian a joué un rôle déterminant
Si Matias impressionne aujourd’hui par son aisance ballon en main, son frère a également largement participé à sa progression.
Sébastien Guntz explique :
« Matias dégage beaucoup de facilité dans son rugby, tandis que Florian est un très gros bosseur. Florian a probablement aidé Matias en l’attirant dans la répétition des efforts. »
Les deux frères comprennent rapidement que la Belgique ne pourra plus répondre à leurs ambitions.
À seulement 19 ans, ils prennent alors une décision qui changera leur carrière.
Le grand saut vers Toulouse
En 2022, les jumeaux quittent Bruxelles pour rejoindre le centre de formation du Stade Toulousain. Un pari immense pour deux jeunes joueurs issus d’un pays où le rugby reste confidentiel.
Florian se souvient :
« On avait besoin de partir en France pour se challenger, pour découvrir autre chose. En deux ans au centre de formation de Toulouse, on a énormément appris. »
L’intégration dans l’un des meilleurs clubs du monde bouleverse leur quotidien.
Les exigences changent, le rythme aussi.
Une exigence qui a transformé Matias
Au fil des saisons, le jeune arrière change de dimension.
Ce ne sont pas seulement ses qualités techniques qui évoluent.
Son professionnalisme impressionne désormais ceux qui l’ont connu adolescent.
Sébastien Guntz observe :
« Sa plus grande évolution réside dans son exigence professionnelle envers lui-même. Quand il était jeune, il avait tendance à ne retenir que le positif et à minimiser ses erreurs. Aujourd’hui, il a une autocritique exacerbée et se focalise sur ce qu’il aurait pu mieux faire. »
Diététique, récupération, préparation physique, sommeil… le Belge ne laisse plus rien au hasard.
Une notoriété qui grandit en Belgique
S’il continue d’apprendre au Stade Toulousain, Matias Remue est déjà devenu une figure du rugby belge.
Chaque apparition sous le maillot rouge et noir renforce un peu plus sa popularité.
Son frère en rit volontiers.
Florian confie :
« Tous les enfants veulent une photo avec mon frère quand on joue en Belgique, et nous, on aime bien le chambrer par rapport à ça parce que ça le gêne un peu. »
Longtemps considéré comme un simple espoir venu d’un petit pays de rugby, Matias Remue est désormais perçu comme une référence pour toute une nouvelle génération.
Le parcours est encore long avant de s’imposer durablement au Stade Toulousain, mais une chose est déjà acquise : le jeune Bruxellois a prouvé qu’il était possible de quitter un championnat confidentiel pour intégrer l’un des plus grands clubs du monde. Et en Belgique, beaucoup rêvent désormais de suivre sa trace.







