
Deux matches, deux défaites, 112 points et 18 essais encaissés : le Racing 92 a complètement manqué son début de saison. Plus inquiétant encore, les faiblesses franciliennes sont désormais clairement identifiées par tous ses adversaires.
Après les démonstrations de Bordeaux puis de Lyon, les Racingmen doivent modifier l’image qu’ils renvoient. Leur déplacement à La Rochelle s’annonce particulièrement dangereux face à un pack maritime qui tentera forcément d’appuyer sur leurs difficultés dans les collisions et les zones de contact.
Tout le Top 14 pense pouvoir attaquer le Racing
L’Union Bordeaux-Bègles a montré la voie en inscrivant dix essais au Racing lors de la première journée. Une semaine plus tard, Lyon a pleinement exploité les largesses défensives franciliennes pour s’imposer largement à Créteil (48-31).
Ces deux prestations ont envoyé un signal particulièrement négatif au reste du championnat. Le Racing ne fait plus peur et apparaît désormais comme une équipe vulnérable dès que le rythme augmente.
Patrice Collazo reconnaît que ses adversaires ont totalement changé de regard sur son équipe.
« Maintenant, tout le Top 14 se dit : “On peut jouer le Racing.” Il nous faut donc réagir et tenter de changer ça. »
Le Racing doit désormais convaincre qu’il est capable de résister. Tant que ce message ne sera pas envoyé, chaque équipe cherchera à reproduire les recettes utilisées par Bordeaux et Lyon.
Des failles désormais clairement exposées
Les difficultés franciliennes ne concernent pas un seul secteur. Le Racing manque actuellement de puissance dans les collisions, concède trop de plaquages manqués et éprouve de grandes difficultés à enchaîner plusieurs séquences.
Son bloc défensif se désunit également trop facilement lorsque l’adversaire accélère. Une fois la première ligne franchie, les soutiens tardent à revenir et les espaces se multiplient.
À cela s’ajoutent les nombreuses pertes de balle. Face à Lyon, les trois premiers essais sont directement venus de turnovers. Un jeu au pied mal maîtrisé a également offert des espaces à une équipe lyonnaise parfaitement disposée à les exploiter.
Romain Taofifenua admet via Midi Olympique que le Racing se trouve encore très loin du niveau attendu.
« On fait trop d’erreurs. On n’est pas encore au niveau. Ces prochains jours, on va donc baisser la tête et retourner au boulot : parce qu’à l’heure actuelle, on est beaucoup trop loin des standards de la saison dernière. »
La Rochelle, le pire adversaire pour se reconstruire
Le calendrier ne laisse aucun répit aux Franciliens. Après Bordeaux et Lyon, ils vont affronter une équipe de La Rochelle qui vient de battre successivement Toulouse et Toulon.
À Marcel-Deflandre, les Maritimes chercheront naturellement à tester la résistance du Racing. Leur pack puissant devrait insister sur les collisions, les rucks et les séquences longues pour mesurer la capacité des visiteurs à rester organisés.
Chaque recul pourrait entraîner une nouvelle désorganisation. Les Racingmen devront également cesser d’offrir des possessions faciles à une équipe rochelaise capable de sanctionner la moindre erreur.
« Le confort ne nous convient pas »
Ce déplacement extrêmement difficile pourrait paradoxalement correspondre au contexte recherché par Patrice Collazo. Le manager considère régulièrement que son groupe réagit mieux lorsqu’il se retrouve dos au mur.
Le technicien francilien assume son aversion pour les situations trop confortables.
« Le confort, ce n’est pas un truc qui nous convient. »
Après deux journées, personne ne peut encore parler de match couperet. Mais le Racing doit déjà stopper une hémorragie qui menace de peser durablement sur sa saison.
Une réaction à La Rochelle permettrait de rappeler que les demi-finalistes du dernier championnat n’ont pas totalement disparu. Une nouvelle défaite lourde confirmerait, au contraire, que le Racing est devenu une cible privilégiée pour toutes les équipes du Top 14.







