
Après une dernière saison décevante, l’Aviron Bayonnais ne bénéficie plus du même crédit. Dans le traditionnel sondage réalisé auprès des entraîneurs du Top 14, le club basque est davantage cité parmi les équipes susceptibles de lutter pour le maintien que parmi les candidats au Top 6.
Un constat que Joris Segonds ne cherche absolument pas à contester. L’ouvreur veut au contraire s’en servir pour alimenter la revanche bayonnaise.
La lourde défaite concédée à Pau lors du premier déplacement a forcément réveillé de mauvais souvenirs. Bayonne avait énormément souffert loin de Jean-Dauger la saison passée et Segonds sait que son équipe doit rapidement montrer qu’elle a progressé dans ce domaine.
« Tout le monde veut nous enterrer »
Lorsqu’on lui rapporte que les entraîneurs du championnat voient davantage Bayonne lutter pour son maintien que pour les premières places, Segonds ne s’offusque pas.
Au contraire, il considère ce jugement cohérent au regard de ce que son équipe a montré la saison passée.
Mais l’ouvreur compte bien transformer cette défiance en carburant comme il l’explique dans Midi Olympique :
« Non, c’est tout à fait logique, on ne va pas se mentir. La saison dernière n’a pas été bonne. Tout le monde est équipé et c’est normal que les gens nous voient en bas du classement, mais ça nous donne une source de motivation. Tout le monde veut nous enterrer. Nous n’avions qu’à être meilleurs l’an dernier ! »
Segonds n’oublie pas non plus à quelle vitesse les certitudes peuvent être balayées en Top 14. Deux saisons auparavant, peu d’observateurs imaginaient Bayonne terminer à la quatrième place.
Il veut désormais retrouver cet état d’esprit avec un sentiment de revanche très clairement assumé :
« C’est à nous de montrer un autre visage, là. Il y a 26 journées, à chaque week-end a lieu un exploit. C’est à nous de le chercher. Il y a deux ans, personne ne s’attendait à ce que l’on finisse quatrièmes. Il faut que l’on mette en avant, cette année, cette petite haine de la saison dernière. »
Les mauvais souvenirs des déplacements
Cette volonté de revanche concerne notamment les performances à l’extérieur.
La défaite à Pau a immédiatement rappelé les grosses difficultés rencontrées loin de Jean-Dauger la saison passée. Et les joueurs sont les premiers à en avoir souffert.
Avant le déplacement au Racing, Segonds appelle donc son équipe à ne surtout pas retomber dans les mêmes travers :
« En début de saison, c’est à nous de montrer un autre visage. Le premier déplacement à Pau a rappelé des mauvais souvenirs par rapport aux déroutes de l’an dernier à l’extérieur. Nous avons été les premiers touchés. Là, nous allons au Racing. Tout le monde voyait le Racing jouer le maintien (après les deux premiers matchs, NDLR), mais ce n’est que la troisième journée ! »
Le Bayonnais s’attend à un combat particulièrement intense :
« Samedi, ils voudront juste gagner chez eux, ce sera un gros combat avec leurs fidjiens qui les mettent dans l’avancée. De notre côté, il ne faudra pas retomber dans nos travers et ne pas prendre trop de points à l’extérieur. »
Segonds prévient Bayonne avant le Racing
Le fait que le Racing évolue loin de son enceinte habituelle ne constitue d’ailleurs pas, selon Segonds, un avantage considérable pour les Basques.
L’ancien joueur du Stade Français connaît bien le contexte parisien et estime que les Racingmen ont l’habitude de devoir trouver leur motivation autrement.
Il ne s’attend donc certainement pas à une équipe perturbée par le changement d’environnement :
« On dit que le Racing n’a plus son antre, mais les mecs en face trouvent d’autres sources de motivation ! Ils ont gagné à La Rochelle la semaine dernière. Sans manquer de respect à leur public, loin de là, ce n’est pas un public qui suit énormément. Que ce soit à Créteil, à l’Arena, à Strasbourg ou au Havre, ils ont l’habitude. »
Segonds poursuit :
« Ce n’est pas comme s’ils étaient poussés, à chaque fois, par 20 000 personnes. À Paris, il y a autre chose que le rugby, je l’ai aussi connu au Stade français. On arrive quand même à trouver une motivation en interne. Qu’ils jouent à Créteil ou à l’Arena, ils auront juste envie de nous battre comme il faut. »
« Ça peut être très long »
Laurent Travers connaît évidemment parfaitement le Racing. Mais Segonds explique que le technicien n’a pas spécialement multiplié les mises en garde avant cette rencontre.
Le travail a surtout consisté à analyser les forces de l’adversaire.
Et une chose apparaît indispensable : Bayonne devra immédiatement répondre dans l’engagement :
« Non, pas du tout. Il nous a juste dit qu’il connaissait bien la maison là-bas. On a analysé cette équipe, elle a beaucoup d’individualités, est très physique et si on ne met pas l’envie dès les premières minutes, ça peut être très long. »
Segonds identifie également les leviers qui pourraient permettre aux Bayonnais de faire douter le Racing :
« Il faudra essayer de faire déjouer le Racing. Si on leur fait faire des fautes de main, ils peuvent cogiter, car ça reste des êtres humains. C’est l’envie et la discipline qui pourront nous faire gagner là-bas. »







