Depuis le début de la saison, l’Aviron Bayonnais affiche une solidité exemplaire à domicile, où le club basque signe 100% de victoires au stade Jean-Dauger en Top 14. En revanche, à l’extérieur, la donne est bien différente : les Bayonnais enchaînent les défaites lourdes, encaissant en moyenne 50 points par match.
Interrogé par Midi Olympique, le président Philippe Tayeb a mis les choses au clair. Satisfait mais prudent, il souligne : « Je suis un président satisfait mais je reste prudent et lucide quant à nos performances car nous avons reçu sept fois. Ce n’est pas neutre. Vu le contexte des blessés, la feuille de route est respectée au moment où on parle. Heureux, c’est un niveau au-dessus. »
Toutefois, Tayeb redoute la tension croissante des rencontres à domicile, qui pourrait peser sur l’équipe en déplacement : « C’est toujours assez désagréable. Nous avons frôlé la défaite sur quatre matchs : Montpellier, Toulon, Lyon, Paris. Je pense que ça nous fragilise à l’extérieur car le capital confiance n’est pas fort. »
L’agacement est palpable face aux prestations à l’extérieur, qu’il juge éloignées du style de jeu attendu : « Ce n’est pas notre rugby. Le contenu de nos matchs à l’extérieur n’est pas satisfaisant. On prend 45,5 points en moyenne à l’extérieur. Oui, Jean-Dauger c’est exceptionnel, mais nous sommes fragiles sur les bases. Si on ne joue que parce que notre stade nous transcende, on ne pourra pas finir dans les objectifs. »
Selon lui, le manque de leaders est une faiblesse majeure du groupe : « C’est une certitude. On doit faire éclore des leaders, des garçons doivent prendre des positions plus fortes dans l’équipe. On a du talent dans cette équipe ! On ne peut pas avoir une équipe avec Arthur Iturria et une sans. C’est trop risqué, la blessure peut arriver. Pour échanger avec certains jeunes, il faut qu’ils prennent leur place, ils doivent comprendre qu’on a besoin d’eux. Travaillons, peut-être, avec des personnes spécialisées sur le thème du leadership dans une équipe. »
Le président mentionne plusieurs joueurs clés appelés à endosser ce rôle crucial : « Esteban Capilla, Lucas Martin, Tom Spring, Guillaume Martocq, Baptiste Germain, Swan Cormenier, Joris Segonds… Ils doivent être des leaders dans l’équipe. Il ne faut pas que ce soit comme quand il y avait Camille Lopez : une équipe avec et une sans lui. »
Interrogé sur les raisons de ces échecs répétés à l’extérieur, Tayeb avoue ne pas avoir toutes les réponses : « Non. Je pense qu’il y a des choses qu’on ne fait pas bien. J’ai ouvert la discussion avec les joueurs et le staff pour leur demander : quels sont les moyens dont vous avez besoin pour casser cette spirale négative ? C’est mon rôle, je suis là pour les aider, les accompagner. Vendredi, on partira en avion privé, nous allons essayer de changer des habitudes. On ne peut pas prétendre jouer la qualification en prenant quarante-cinq points à l’extérieur. Ça fragilise tout le système. Un jour ou l’autre, on tombera à Jean-Dauger. Ça nous amènerait à perdre cinq ou six places. »
Il insiste également sur la nécessité d’un diagnostic clair de la part du staff : « Je ne vis pas à l’intérieur de l’équipe. C’est l’analyse que doit faire le staff, avant de me dire : « Président, voilà ce dont nous avons besoin. » Chacun doit faire son métier et essayer de comprendre. Si on n’y arrive pas, ce sera un sujet différent que je devrais, peut-être, prendre en main avec le directeur du rugby. »
Enfin, Tayeb refuse de laisser son équipe concéder autant de points à l’extérieur : « Je regarde l’Aviron et je n’accepte pas qu’on prenne quarante-cinq points tous les week-ends à l’extérieur. Les équipes devant nous ne prennent pas quarante-cinq points en moyenne. Oui, ça peut arriver une fois, mais ça nous est arrivé cinq fois en Top 14. »







