Le Stade Toulousain prépare ses phases finales de la Champions Cup avec une arme inattendue : Kalvin Gourgues. Face à Bristol en huitième de finale, le club rouge et noir mise sur ce jeune trois-quarts en plein essor, qui s’est imposé récemment comme une solution crédible dans une rotation déjà dense.
Encore discret il y a quelques mois, Gourgues a marqué les esprits par ses performances, en particulier son essai spectaculaire face à Bordeaux-Bègles. Pourtant, le joueur reste humble : « Pour être honnête, je n’ai pas vraiment réalisé. Je ne savais même pas que j’avais fait quatre-vingts mètres, je pensais en avoir couru vingt », confie-t-il dans les colonnes du Figaro.
Malgré cet éclair de talent, Kalvin garde les pieds sur terre. « C’est ce genre d’actions qu’il faut apporter à notre sport, mais d’un point de vue personnel ça ne m’a pas forcément fait plaisir parce qu’on avait déjà encaissé 40 points. » À seulement 21 ans, il affiche une lucidité rare, consciente du chemin parcouru.
« Je ne me rends pas forcément compte. Parvenir à intégrer la rotation du groupe professionnel, ça deviendrait presque normal… mais je suis conscient que c’est tout sauf banal », ajoute-t-il. Sa progression n’a toutefois pas été sans embûches. Une blessure rare l’a tenu éloigné des terrains pendant plusieurs mois, une épreuve qu’il a su transformer en opportunité. « Ça m’a aussi permis d’obtenir autre chose en dehors du rugby, de pouvoir profiter de ma famille. J’ai pu prendre un peu plus de vacances qu’à l’accoutumée. »
Cette pause l’a rendu plus fort et plus mature, notamment face aux exigences mentales du haut niveau. « Au club, on est beaucoup suivi sur cet aspect. On pourrait se dire que communiquer sur ses soucis ou dire quand ça ne va pas est un signe de faiblesse. Mais, au final, c’est aussi aider l’équipe. Quand on connaît une période plus difficile mentalement et qu’on doit jouer le week-end, on met un peu ses partenaires en difficulté », explique-t-il.
Sur le terrain, Kalvin Gourgues séduit par son profil explosif et puissant, capable de semer le chaos dans les défenses adverses. « J’essaie de travailler ma polyvalence au maximum, mais je prends beaucoup plus de plaisir à jouer au centre qu’à jouer numéro 10 ou numéro 15, aussi parce que ce sont des postes qui nécessitent d’autres responsabilités », revendique-t-il.
Son ascension ne s’arrête pas au niveau des clubs. Appelé en équipe de France, il a marqué les esprits dès sa première sélection. « Le moment qui m’a le plus touché, c’est La Marseillaise, parce que, même si le Stade de France était plongé dans le noir complet, je savais où étaient situées ma famille et ma copine, c’était beaucoup d’émotion », confie-t-il, évoquant un souvenir fort.
Cette entrée dans le monde international ne l’a pas impressionné outre mesure : « Au moment où j’ai eu la chance de faire cette percée, c’était dingue. Il y avait tellement de bruit que je pensais être devenu sourd. Je n’entendais plus rien. » Désormais, son objectif est clair : continuer à grandir et accumuler les expériences. « J’ai vécu de très bonnes expériences et je suis aussi entouré par une jeune génération de joueurs avec qui je m’entends bien […] On verra comment ça se passe plus tard. Mais ça donne envie d’y retourner… »
Avant de penser plus loin, le rendez-vous est immédiat. Toulouse s’apprête à franchir une nouvelle étape cruciale face à Bristol. Dans cette confrontation, Kalvin Gourgues pourrait bien jouer un rôle déterminant. Derrière les cadres habituels, le Stade Toulousain possède désormais un atout supplémentaire capable de faire basculer la rencontre à tout moment.
« Le doublé, c’est ce qu’on a envie d’aller chercher à la fin de la saison. Mais chaque chose en son temps », conclut-il.







