C’est un séisme dans le rugby de l’hémisphère Sud : la franchise Moana Pasifika, qui incarnait l’espoir et la vitrine professionnelle des talents samoans et tongiens, cessera d’exister à l’issue de la saison 2026. Après cinq années d’existence marquées par des éclairs de génie mais aussi une instabilité chronique, le projet s’effondre, victime des dures réalités économiques.
Dans un communiqué officiel publié dans la nuit, la franchise a scellé son destin avec émotion : « Après cinq années à concourir dans le Super Rugby et à s’engager auprès des communautés, les Moana Pasifika ont pris la difficile et déchirante décision de dissoudre la franchise de Super Rugby après la fin de cette saison 2026. » Les dirigeants dénoncent un environnement professionnel néo-zélandais devenu trop contraignant pour une structure financièrement fragile : « Cette décision intervient après une large prise en considération des réalités financières, opérationnelles et stratégiques touchant la franchise et le rugby professionnel en Nouvelle-Zélande. »
Malgré cette annonce, les Moana Pasifika tiennent à finir la saison 2026 dignement, tout en accompagnant leurs joueurs, désormais sur le marché des transferts. Le président Kiki Maoate affiche ses priorités pour ces derniers mois : « Notre engagement désormais est d’assurer une transition fluide pour toutes les personnes touchées (par cette décision) et de célébrer notre héritage en finissant fort la saison. »
Si la dissolution est actée, le rugby néo-zélandais ne ferme pas totalement la porte à un futur projet d’équipe insulaire, à condition qu’un modèle économique viable voie le jour. Ce ticket d’entrée reste élevé, entre 10 et 12 millions de dollars annuels. La fédération néo-zélandaise (NZR) se montre prudente mais ouverte : « Nous avons connaissance de l’intérêt de nouveaux acteurs explorant la viabilité financière et un plan de relance pour l’avenir de l’équipe. NZR est favorable à la discussion avec ces protagonistes au sujet du maintien du club en Super Rugby Pacific. »
La disparition programmée des Moana Pasifika pose une question lourde de conséquences pour le rugby mondial. Sans cette passerelle vers le haut niveau, nombre de joueurs samoans et tongiens risquent l’exil précoce vers l’Europe ou le Japon, au détriment des sélections nationales du Pacifique.
Cette faillite est un camouflet pour les instances qui espéraient stabiliser le rugby dans les îles. Tandis que la saison 2026 se poursuit, chaque match de Moana Pasifika aura désormais une saveur de nostalgie. Le rugby insulaire vient de perdre une bataille majeure, et l’avenir reste incertain : saura-t-il se réinventer avant que le rideau ne tombe définitivement ?







