Coup de tonnerre dans le rugby : le débat sur le truquage des tests neurologiques agite le championnat. Ce mardi 14 avril, plusieurs figures du rugby français ont révélé l’existence d’une pratique inquiétante visant à biaiser les résultats des contrôles pour éviter d’être écartés après un choc.
Au centre de la polémique, la possibilité pour certains joueurs de volontairement sous-performer lors des tests cognitifs de début de saison. En affichant des capacités réduites au repos, ils diminuent le risque qu’une baisse de vigilance suite à un impact soit détectée en cours d’année.
Cette révélation est signée Gaël Fickou, international français, qui s’est confié sans langue de bois lors d’un podcast. Le centre des Bleus a admis connaître cette méthode : « Pour l’ex-joueur de Vannes Sacha Valleau, le constat est amer : « Voilà, on en vient à faire exprès d’être nul ». »
Face à ces aveux, la Ligue Nationale de Rugby (LNR) a réagi promptement, assurant prendre ces propos très au sérieux. Elle a cependant rappelé que certains tests, notamment ceux évaluant l’équilibre, sont techniquement impossibles à manipuler.
Contrairement aux idées reçues, ce recours au « faux-pauvre » ne serait pas un coup monté par les staffs des clubs. Jérôme Boisviel, ouvreur de l’US Montauban, confirme que cette démarche vient plutôt des joueurs eux-mêmes, soucieux de préserver leur temps de jeu : « Je ne crois pas que ça vienne des staffs qui mettraient la pression à des joueurs. » Malik Hamadache, président du syndicat des joueurs, reste plus nuancé et minimise l’ampleur du phénomène : « J’ai passé beaucoup de temps dans des vestiaires et je n’ai jamais entendu un mec me dire qu’il allait gruger les tests. Peut-être y a-t-il des joueurs assez bêtes pour jouer avec leur santé mais ils sont rares. »
Du côté des experts, le système mis en place reste un rempart efficace. Jean-François Chermann, neurologue référent de World Rugby, souligne les progrès réalisés depuis l’instauration des protocoles de commotion : « Il y a longtemps, un joueur m’avait dit que lorsqu’il évoluait en Angleterre, c’était les kinés qui faisaient le test à la place des joueurs. Je l’avais bien sermonné à l’époque. Les choses ont changé. La plupart des joueurs ont conscience de la gravité des commotions et ce type de pratique ne concerne qu’une extrême minorité des joueurs. Il ne faut jamais oublier que depuis l’introduction du protocole commotion, on est passé de 50 % à 15 % de gens qui restent sur le terrain en étant commotionnés. »
Cette avancée majeure est aussi défendue par Ugo Mola, entraîneur du Stade Toulousain : « Cela me paraît tellement gros de jouer avec sa santé. Je peux vous dire qu’ici, les mecs respectent le règlement. » Antoine Dupont, capitaine des Bleus, assure également que ses coéquipiers sont honnêtes sur leurs sensations.
Reste que l’instinct de compétiteur constitue le principal danger. Un médecin de World Rugby rapporte un témoignage glaçant d’une star internationale : « Quand tu entres sur le terrain et que tu suspectes une commotion, ne me demande jamais si je suis bien parce que je ne te dirai jamais la vérité. »
Ainsi, si la science progresse et que les protocoles protègent, la psychologie du joueur demeure le talon d’Achille de la sécurité dans le rugby.






