Le président de la Ligue Nationale de Rugby (LNR), Yann Roubert, s’est livré à un long entretien dans les colonnes de Sud-Ouest, où il a fait un point détaillé sur la santé financière des clubs du Top 14 pour la saison 2024-2025.
Yann Roubert se félicite des résultats positifs enregistrés : « On ne peut que s’en réjouir. C’est un beau signe d’attractivité. Notre championnat remplit les stades, attire des partenaires et confirme sa place dans le paysage sportif français. Ça ne tombe pas du ciel : c’est le fruit du travail quotidien des clubs, de leur ancrage dans les territoires et leurs performances. L’équipe de France est aussi une vitrine formidable. Ses audiences télé et ses affluences battent des records, les nôtres également. »
Toutefois, il nuance cet optimisme en soulignant que des fragilités subsistent chez certains clubs : « La progression des revenus ne doit pas masquer les fragilités qui demeurent dans l’équilibre de certains clubs. L’ambition collective doit être de transformer notre dynamique positive en modèle durable. Perdre de l’argent n’est pas une fatalité puisque des clubs en gagnent. Il faut les féliciter. Après, il y a autant de modèles que de clubs. Une solution ne peut pas forcément être mise en place partout. »
Interrogé sur le rôle des mécènes qui permettent à certains clubs de subsister financièrement, Yann Roubert rappelle leur importance tout en appelant à plus de durabilité : « Commençons par dire que nous avons de la chance d’avoir ces actionnaires, qui ont la passion et les moyens pour soutenir leur club. Après, dans tous les sports, il y a toujours eu des investisseurs ou des mécènes pour faire tourner les clubs. Les chiffres que l’on constate peuvent être pris comme une invitation à se rapprocher d’un modèle plus durable. Le salary cap évite aussi des déficits insoutenables. C’est la force du modèle français quand on le compare à d’autres championnats. »
Enfin, sur la question de la progression de l’endettement des clubs, qui a augmenté de 8%, le président de la LNR se veut rassurant : « Beaucoup de clubs ont investi dans leurs infrastructures : dans les stades, les centres d’entraînement ou de formation. Il suffit de faire le tour des clubs pour observer que sur ce plan, le développement est réel. L’objectif, c’est de bâtir une valeur pérenne, en donnant à chaque club des fondations suffisamment solides pour traverser les cycles, rebondir si nécessaire et poursuivre son développement. »
Yann Roubert dessine ainsi un Top 14 en pleine dynamique, mais conscient des défis financiers à relever pour assurer la stabilité et la pérennité de tous ses acteurs.







