Le stade Jean-Dauger n’est plus une forteresse. Pour la première fois à domicile sous la direction de Laurent Travers, l’Aviron Bayonnais a vécu une humiliation historique ce samedi, s’inclinant lourdement face à la Section Paloise sur le score de 22-54.
Au-delà de la défaite, c’est l’ampleur du score qui choque : jamais, depuis l’avènement du professionnalisme, le club basque n’avait encaissé plus de 50 points à domicile en championnat.
Deux mois après le licenciement de Grégory Patat, l’électrochoc espéré avec l’arrivée de Laurent Travers tourne au calvaire. Après des succès encourageants à Montauban et Anoeta, les Bayonnais retombent dans leurs travers, enchaînant un troisième revers consécutif à Jean-Dauger en Top 14. Cette série noire rappelle douloureusement les heures sombres de 2021, année de la relégation en Pro D2.
Le premier acte laissait encore un soupçon de suspense avec un score de 10-16 à la mi-temps. Mais la seconde période s’est transformée en correction (12-38). Entre une touche défaillante – aggravée par la sortie prématurée de Bosch – et une avalanche de fautes de main, les Ciel et Blanc n’ont jamais existé.
Pour le capitaine Arthur Iturria, la supériorité paloise était totale. Il s’est confié dans les colonnes de Sud-Ouest : « C’était franchement un calvaire. Les deux derniers matchs à domicile qu’on avait perdus, on n’était pas loin. Ça s’était un peu joué à la pièce. Mais là, il n’y a rien à dire. Les Palois ont été bien meilleurs que nous. On a été battus à peu près partout. Je ne pense pas qu’on ait gagné un secteur de jeu. »
En chiffres et en ressentis, la déroute est incontestable. Bayonne recule désormais à la 11e place au classement et voit s’envoler ses espoirs d’atteindre la 8e position, synonyme de qualification européenne.
Le sentiment de honte domine dans les rangs basques. L’arrière Yohan Orabé, sonné après la rencontre, a livré des mots durs : « On est à notre place, à celle qu’on mérite. C’était un match charnière pour aller chercher quelque chose. Au vu de notre saison, ça aurait été déjà un exploit, mais là, c’est un coup de massue. C’est dur de réagir à chaud. C’est une immense déception. 50 points, c’est un peu ridicule. Je pense que toute l’équipe a juste envie de rentrer chez soi, d’éteindre tout et de rester tranquille. »
Ce « camouflet » laisse l’Aviron prostré, à cinq journées de la fin du championnat. Pour Laurent Travers, le chantier s’annonce immense afin de redonner un minimum de fierté à un groupe qui semble avoir touché le fond devant son public.







