L’ailier de la Section Paloise, Grégoire Arfeuil, a traversé une semaine riche en émotions contrastées. Tandis que ses coéquipiers s’imposaient largement à Bayonne (54-22), le jeune joueur défendait les couleurs de France 7 lors de l’étape mythique de Hong Kong. Malgré une huitième place finale décevante pour le collectif tricolore, Arfeuil dresse un bilan positif de cette expérience sur le circuit mondial.
**Un retour remarqué et un essai « d’anthologie »**
Absent du rugby à sept depuis un an, Grégoire Arfeuil a retrouvé rapidement ses automatismes dans l’un des cadres les plus prestigieux du circuit. Sur la pelouse de Hong Kong, il s’est illustré en inscrivant un essai qualifié « d’anthologie », confirmant son statut de finisseur aguerri.
Si le podium est resté hors de portée pour les Bleus, la performance individuelle de l’ailier béarnais est une réussite. Pour lui, cette aventure à sept n’est pas un simple intermède, mais un véritable tremplin pour sa saison avec la Section Paloise. La rigueur physique, l’enchaînement des efforts à haute intensité et la maîtrise des espaces spécifiques au rugby à sept sont autant d’atouts qu’il entend exploiter dès son retour en Top 14.
Interrogé par L’Équipe, Arfeuil confie avoir pris beaucoup de plaisir avec l’équipe de France : « Vraiment bien, c’était cool ! Je m’étais bien préparé physiquement ces deux, trois dernières semaines. J’avais perdu un peu de poids pour arriver vraiment en forme et affûté car le 7 est très exigeant. J’avais pu un peu mettre de côté le 15 pour me préparer à fond pour ce tournoi et essayer de performer, et j’ai été content de ce que j’ai pu réaliser individuellement. Collectivement, j’aurais aimé pouvoir encore plus apporter au groupe et je suis un peu déçu du résultat, comme tout le monde. »
Très motivé à l’idée de retrouver son club, il précise : « C’était mon premier tournoi de l’année, ça faisait un moment que je voulais le faire mais, en fait, comme j’avais été dans la liste du Tournoi des Six Nations, je n’avais pas pu partir. C’était pour la bonne cause ! J’étais très excité de relever ce défi parce que je pense que c’est une chance que j’ai de pouvoir porter différents maillots dans différentes disciplines et je suis persuadé que ce tournoi va me faire du bien pour la fin de saison. Je vais arriver vraiment frais et excité pour disputer la fin de saison avec le club, parce que l’objectif aussi avec Sébastien Piqueronies était de prendre un maximum de plaisir, de retrouver de belles sensations. Parce que ces derniers temps, que ce soit individuellement ou collectivement, on prenait un peu moins de plaisir au niveau de la ligne des trois-quarts. »
Il souligne également les bénéfices techniques et physiques tirés de cette expérience : « Ça m’a fait du bien de pouvoir retrouver des sensations offensives et même défensives, d’aller travailler des points que j’avais envie d’améliorer sur plein de secteurs. Je voulais notamment renforcer encore mes duels aériens, je voulais travailler sur mes cadrages défensifs, chose qu’on répète beaucoup à 7. Ça m’a vraiment fait du bien, que ce soit sur les soutiens offensifs, la capacité à répéter les efforts, quelque chose que j’affectionne déjà à 15 mais qu’on travaille encore plus à 7. Maintenant, j’ai hâte de revenir aussi en club pour performer et essayer d’emmener l’équipe là où on veut aller. »
Concernant la transition entre rugby à XV et rugby à VII, il ne semble pas perturbé : « C’est quelque chose à gérer, mais je pense qu’on le gère bien avec Sébastien parce qu’on en avait déjà parlé à l’avance. De mon côté, j’étais très demandeur d’aller faire un World Series et de retrouver des sensations à 7, ne serait-ce que pour reprendre du plaisir et revenir affûté pour le 15. C’est quelque chose ce qu’il faut gérer vraiment sérieusement, en prévoyant des temps de préparation et de repos, d’autant qu’on arrive dans le « money-time » du Top 14. »
Il conclut sur sa préparation à la reprise : « En rentrant de Hongkong, je vais avoir un peu de repos pour bien récupérer, je reviendrai pour la préparation de la réception de Castres (le 9 mai, 23e journée). Ça m’aura fait rater les déplacements à Bayonne (22-54, le 18 avril) et au Stade Français (le 25 avril), mais cela ne me gêne pas du tout, bien au contraire. Je sais que je vais avoir mon rôle à jouer sur la fin de saison avec Pau, où l’effectif est tel qu’on a une belle rotation. Pour qu’on aille au bout cette saison, il faut justement qu’il y ait une grosse profondeur d’effectif. »







