Si le rugby français enregistre des revenus jamais vus, les clubs doivent néanmoins se battre quotidiennement pour équilibrer leurs comptes. C’est ce que révèle le dernier rapport de l’Autorité de régulation du rugby (A2R).
Dans ce contexte contrasté, l’ASM Clermont fait figure d’exemple avec une stratégie stricte imposée par Michelin : « ne pas dépenser un euro de plus que ce qu’elle gagne ».
### Un ASM Clermont proche de l’équilibre financier
Il y a seulement trois ans, l’ASM affichait un déficit de 7,8 millions d’euros. Aujourd’hui, le club auvergnat est quasiment à l’équilibre, avec un résultat déficitaire réduit à seulement 621 000 euros. Dans un Top 14 où seuls six clubs parviennent à la rentabilité, dont Toulouse, La Rochelle et l’UBB, cette progression est remarquable.
Pour y parvenir, le directeur général Benoît Vaz a dû tirer sur tous les leviers financiers. Il explique : « Quand j’ai un budget d’à peu près 35 millions d’euros, il faut que je trouve 35 millions de recettes ». Cette discipline, proche d’un « fair-play financier », a permis au club de stabiliser ses bases avant d’ambitions plus élevées.
### Diversifier les recettes : concerts et merchandising à l’appui
Le stade Marcel-Michelin ne résonne plus uniquement au rythme des essais. Pour renforcer ses revenus hors match, l’ASM développe l’événementiel.
– **Festivals et concerts :** Après la récente « Spring Party », le club prépare le concert très attendu des Black Eyed Peas en juillet, maximisant ainsi l’usage de son enceinte.
– **Merchandising :** Avec 4,079 millions d’euros générés sur les produits dérivés, Clermont est le deuxième plus gros vendeur du Top 14, juste derrière le Stade Toulousain.
– **Partenariats :** Le club engrange plus de 17 millions d’euros, restant performant mais visant à rejoindre les leaders que sont Lyon et Toulouse, au-delà des 20 millions.
### Le terrain, pilier de la rentabilité finale
Si la bonne gestion administrative permet d’atteindre l’équilibre, c’est la performance sportive qui déterminera la véritable rentabilité. La redistribution des droits TV de la Ligue (LNR) dépend directement du classement final.
Selon Benoît Vaz : « Si on veut vraiment basculer et générer des profits, cela passera par le sportif. La part de redistribution des droits télé dépend en grande partie des résultats sportifs. Il peut y avoir plusieurs millions d’écart entre le premier et une équipe du milieu de tableau ».
Le club clermontois doit donc considérer le business et le sport comme les deux faces d’une même pièce. Pour redevenir un géant financièrement autonome, l’ASM doit impérativement retrouver les phases finales et les barrages à domicile.






