Près de deux ans après la disparition tragique de Medhi Narjissi, 17 ans, emporté par une vague au large du cap de Bonne-Espérance en août 2024, l’enquête franchit une étape cruciale. Ce vendredi après-midi, la Fédération française de rugby (FFR) est convoquée devant le tribunal d’Agen.
Cette audition pourrait aboutir à une mise en examen pour homicide involontaire, ou à l’attribution du statut de témoin assisté à l’institution.
Pour les parents de Medhi, ancien espoir du Stade Toulousain dont le corps n’a jamais été retrouvé, cette convocation revêt une importance majeure. Leur avocat, Me Édouard Martial, insiste sur la portée de cette journée : « C’est tellement important pour eux que ce qu’ils disent depuis le début soit consacré éventuellement par une mise en examen de M. Grill et de la Fédération française de rugby », dénonçant une fédération qui « a dysfonctionné gravement ». Il déplore par ailleurs que « toute la réglementation concernant l’encadrement des mineurs n’a [jamais été appliquée] ».
Le drame s’est produit lors d’une séance de récupération sur une plage reconnue comme dangereuse. L’Inspection générale de l’éducation, du sport et de la recherche (IGESR) a pointé une « préparation défaillante du séjour » organisée par la FFR et des « missions insuffisamment formalisées » pour l’encadrement des U18.
La Fédération admet des manquements dans la préparation mais cherche à les dissocier du drame. Elle rejette la responsabilité directe sur les encadrants présents et attribue ces défauts à la gouvernance précédente.
Cette convocation intervient dans un contexte judiciaire déjà lourd. En août 2025, le préparateur physique Robin Ladauge a été révoqué de la fonction publique, tandis que l’ancien manager Stéphane Cambos a été suspendu deux ans – dont un ferme. Tous deux ont été mis en examen pour homicide involontaire.
Cette fois, c’est le président Florian Grill qui devra répondre aux juges d’instruction. L’enjeu est de déterminer si la responsabilité pénale de la Fédération française de rugby, en tant que personne morale, doit être engagée dans ce que les parties civiles dénoncent comme une « faillite globale du système de protection des jeunes joueurs ».






