Ce week-end à Toulouse, un événement rare rassemble les amateurs de sport : le Toulouse Football Club (TFC) et le Stade Toulousain partageront non seulement le mythique Stadium, mais aussi un maillot aux couleurs similaires, à l’initiative de leur équipementier commun, Nike.
Le programme promet un spectacle intense. Samedi soir à 21h05, le TFC affrontera Monaco, tandis que dimanche à la même heure, le Stade Toulousain recevra Clermont pour un duel au sommet.
Cette collaboration donne également la parole à Thomas Ramos, arrière international du Stade Toulousain, qui dévoile sa passion pour le football. « Il y a même un monde où j’aurais adoré l’être (sourire). J’en aurais rêvé, même. En fait, on est tous un peu joueurs de foot. C’est une évidence, c’est le sport qui est très certainement le plus populaire en France et dans de nombreux pays. Il y avait un petit ballon de foot dans ma cour de récréation, et maintenant j’en ai toujours un dans mon jardin. En fait, ça fait rêver tout le monde », confie-t-il au Parisien.
À 30 ans, Thomas Ramos voit des ressemblances entre rugby et football, notamment dans la lecture des espaces et la gestion de la pression. Pour lui, le football fascine par son imprévisibilité : « Ce qui me plaît le plus, c’est le nombre d’équipes susceptibles de remporter une très grande compétition comme la Ligue des champions. Au rugby, on peut compter sur les doigts de deux mains, et peut-être même d’une seule en fait, le nombre de clubs qui peuvent aller au bout en Coupe d’Europe. Dans le foot, il y a un nombre considérable d’équipes, et franchement personne ne sait qui va la gagner, rien que cette saison. C’est aussi un sport ludique. Tu mets un ballon au milieu, on joue, c’est simple. »
Il souligne aussi la simplicité des règles du football face à la complexité du rugby : « Vous mettez une personne qui ne connaît rien aux deux sports dans une pièce et vous lui expliquez les différentes règles pendant une heure. Elle sortira de là en ayant compris plus de choses au football qu’au rugby. Une fois qu’on a assimilé le hors-jeu, qu’on ne pouvait pas tirer le maillot, faire tomber quelqu’un ou utiliser les mains… Au rugby, tu as des phases assez différentes et plus compliquées entre les touches, les rucks, les mêlées, etc. »
Si le rugby reste son terrain de prédilection, il avoue que son poste idéal au football serait milieu de terrain : « Ça m’aurait permis d’être à la récupération et à la création. Dans mon sport, j’aime organiser le jeu. Ça m’aurait plu d’avoir à réaliser des passes importantes pour mon équipe. Je ne suis pas vraiment fan du FC Barcelone (sourire), j’aurais plutôt dit Luka Modric ou Toni Kroos au Real Madrid. Dans l’esprit, ce sont des joueurs que j’adore. »
Thomas Ramos apprécie également la ferveur des supporters de football, souvent plus intense que celle observée au rugby : « C’est difficile de juger quelque chose que l’on ne pratique pas. Maintenant, même si on a de très bons supporters et de très belles ambiances au rugby, les supporters dans le foot déploient des tifos, passent tout le match debout. Pour être allé voir un match du TFC au Stadium avec les Indians (le principal groupe d’ultras), cette passion est impressionnante. »
Dans une société où la célébrité modifie parfois la vie quotidienne, il relativise la vie des stars du ballon rond : « Je ne vais pas dire que les footballeurs gagnent trop d’argent. S’ils l’ont, c’est qu’ils le méritent. Pour certains, ça n’est pas facile d’aller faire des courses ou même d’aller dîner dehors. Quand je vois qu’un international français a été pris en photo dans un restaurant alors qu’il était privatisé (Kylian Mbappé en compagnie de l’actrice Ester Exposito)… Être fliqué même en vacances, je ne l’envie pas du tout. Maintenant, ce que je trouve génial dans le foot, ce sont les célébrations. Au rugby, on n’est pas trop là-dedans. Mais quand vous voyez les vibrations et le lien que ça procure entre les joueurs et le public… C’est fort. »
Enfin, il affirme son admiration pour Cristiano Ronaldo, un héros venu de ses racines portugaises : « J’ai des origines portugaises et je suis fan absolu de Cristiano Ronaldo. À l’Euro 2004, le Portugal va en finale et perd (contre la Grèce à domicile). Alors là, j’ai beaucoup pleuré, j’étais vraiment dégoûté. »
Ce week-end à Toulouse, rugby et football s’unissent donc dans une belle célébration du sport, incarnée par un joueur passionné des deux disciplines.







