L’Union Bordeaux-Bègles replonge dans la crise. Un an après avoir vu ses rêves de demi-finale européenne s’effondrer à domicile, le club girondin a de nouveau cédé à Chaban-Delmas face à Montpellier (21-23), subissant sa troisième défaite à domicile cette saison. Cette nouvelle déconvenue compromet sérieusement ses ambitions, écartant tout espoir de terminer dans le Top 2 et mettant l’équipe de Yannick Bru dans une posture délicate pour la qualification.
Le match a basculé dans un « money-time » mal géré, marqué par un relâchement nerveux fatal. Après avoir repris l’avantage à 15 contre 13 en fin de rencontre, les Bordelais ont perdu leur sang-froid. Le carton orange infligé à Jefferson Poirot, pour un choc tête contre tête avec Valentin Welsch, a offert au Montpellier Hérault Rugby la pénalité décisive.
« C’est dramatique qu’on ne garde pas la tête froide à 15 contre 13 une fois qu’on a pris le score », a déploré Yannick Bru. Le manager ne cache pas son amertume face à l’incapacité de son groupe : « Aujourd’hui (samedi), on a été battu par une équipe meilleure que nous dans sa capacité à ralentir le jeu, à hacher le match, à polluer la conquête directe. »
Avec cette défaite, l’UBB perd le contrôle de son destin en Top 14. Distancés dans la course aux barrages à domicile, les Girondins doivent désormais se tourner vers l’arrière du classement. Le troisième ligne Pierre Bochaton tire la sonnette d’alarme dans Sud-Ouest : « Si on perd deux matchs à l’extérieur, ça risque d’être compliqué pour se maintenir dans le top 6. » Un avis partagé par Romain Buros : « Quand on voit le classement, on n’a plus le droit à l’erreur. Il va même falloir aller chercher plusieurs matchs à l’extérieur pour ne serait-ce que se qualifier dans les six. On sait qu’on s’est mis des gros bâtons dans les roues. »
Malgré la déconvenue, l’UBB doit rapidement se ressaisir avant le choc capital en demi-finale de Champions Cup contre Bath, dimanche prochain au Stade Atlantique. Yannick Bru insiste sur l’importance de la récupération mentale et physique : « Là, tout ce qu’on peut faire, c’est panser nos plaies, essayer de retaper nos blessés. Ce soir (samedi), il faut être très triste. Demain, il faut être dans l’analyse. Et puis à partir de lundi, il faut être positif et programmé sur l’avenir parce qu’on ne peut pas refaire l’histoire. »
Les Bordelais assurent qu’ils n’ont pas perdu confiance. Pourtant, entre les blessures et la pression du classement, la route vers Bilbao et les phases finales du Top 14 s’annonce plus que jamais semée d’embûches.







