L’ancien international Maxime Mermoz officiellement reconnu travailleur handicapé
Maxime Mermoz, ancien centre international du rugby âgé de 39 ans, a brisé le silence cette semaine en annonçant via les réseaux sociaux sa reconnaissance officielle en tant que travailleur handicapé par la MDPH. Derrière un palmarès impressionnant — 35 sélections en équipe de France et 4 titres de champion de France —, se cache un « handicap invisible » qui a profondément bouleversé sa vie.
Une descente aux enfers marquée par des vertiges insoutenables
Les problèmes ont commencé à s’aggraver progressivement dès 2015. Maxime Mermoz a souffert d’acouphènes, puis de violentes crises de vertiges, le plongeant dans un état d’instabilité permanent. Dans un témoignage poignant accordé à Actu Rugby, il confie : « Chaque seconde était une souffrance. […] Ce n’était plus que de la survie ».
Son quotidien est devenu un véritable calvaire. Isolé socialement, il était incapable de regarder un écran ou de fixer quelqu’un dans les yeux sans risquer une chute. Confronté à un danger de mort au volant, il a dû arrêter de conduire, les vertiges rendant la route impraticable. Par ailleurs, il a perdu 15 kilos, tombant à 84 kg, en raison de vomissements incessants causés par ces épisodes.
La confirmation d’un lourd diagnostic
Après des années d’errance médicale, un diagnostic a enfin été posé en 2022 grâce à une IRM de haute précision : une rupture hémato-labyrinthique, une fissure au niveau de l’oreille interne laissant s’échapper des liquides et perturbant gravement son système nerveux.
Pour Mermoz, l’origine est claire : le rugby et ses impacts répétés. Il se souvient notamment d’un coup de poing reçu lors de la finale de la Coupe du Monde 2011 : « Piri Weepu m’a mis une droite directement dans l’oreille qui m’a percé le tympan. »
Reconstruit physiquement mais marqué à vie
Malgré des injections d’anti-inflammatoires puissants ayant permis d’espacer les crises, le handicap demeure. L’ex-joueur a perdu 60 % de son audition à l’oreille gauche et doit sans cesse s’adapter pour comprendre ses interlocuteurs.
Aujourd’hui, Maxime Mermoz a reconstruit une activité professionnelle via son académie de coaching. Cependant, il déplore le manque de soutien reçu de la « famille du rugby » durant sa période d’isolement.
Malgré tout, il ne regrette rien de sa carrière : « Tout ce que j’ai aujourd’hui, c’est grâce au rugby. » Il adresse aussi un message à certains anciens joueurs qui l’ont jugé en des temps difficiles : « Je croise des anciens joueurs qui sont agressifs, qui ne comprennent pas que j’ai disparu, qui me font des reproches. Ils ne savent pas ce que j’ai vécu. »







