La controverse sur l’arbitrage vidéo refait surface après la demi-finale de Champions Cup entre Bordeaux-Bègles et Bath.
Face aux critiques venues d’Angleterre concernant des actions litigieuses non revues, France Télévisions a tenu à clarifier sa position auprès de l’AFP : « le réalisateur ne peut pas influencer l’arbitre vidéo ». Selon cette version officielle, l’arbitre vidéo, ou TMO, reste pleinement maître des images qu’il visionne. Il « demande les angles qu’il souhaite », peut revoir les actions à sa guise, et prend ses décisions en toute indépendance. Le réalisateur, lui, se limiterait à « mettre à disposition les images », sans pouvoir en masquer aucune intentionnellement.
Pourtant, cette déclaration est contredite par une interview de 2019 accordée à Télérama par Fred Godard, réalisateur pour France Télévisions. Dans ce reportage en immersion, il expliquait que son rôle était bien plus central, voire déterminant. Fred Godard confirmait que « le réalisateur choisit les ralentis diffusés », que « l’arbitre vidéo dépend de ces images » et qu’« dans les faits, il voit uniquement ce qui lui est proposé ». Le constat est sans équivoque : « dans les faits, ce dernier montre les ralentis qu’il souhaite ».
Plus troublant encore, le réalisateur reconnaissait lui-même : « Quand l’arbitre vidéo revoit une séquence, c’est moi qui lui propose différents angles ». Il admettait même avoir déjà « omis volontairement certaines images », une pratique qui pourrait clairement influencer une décision arbitrale.
Entre ces deux versions, l’écart est saisissant. La version officielle de 2026 affirme que l’arbitre est totalement indépendant, tandis que celle de 2019 expose un réalisateur jouant un rôle clé dans la sélection des images visionnées par l’arbitre vidéo. Cette opposition soulève une question cruciale : l’arbitrage vidéo est-il véritablement neutre ?
Car même sans volonté de tricher, le simple fait de choisir les angles, leur vitesse ou leur répétition peut déjà orienter la lecture d’une action et, par conséquent, influencer les décisions sur le terrain.
Les critiques anglaises ne sont donc pas infondées. Elles s’appuient sur une réalité documentée : la régie pèse lourdement dans le processus décisionnel de l’arbitrage vidéo. Dans un sport où chaque détail compte et où un ralenti peut changer l’issue d’un match, cette problématique prend une importance capitale.
Tant que cette zone grise persistera entre discours officiel et pratiques décrites, le doute continuera de planer sur l’équité de l’arbitrage vidéo.







