Au lendemain de la lourde défaite de Bath face à l’Union Bordeaux-Bègles (38-26), Clive Woodward, ancien sélectionneur de l’équipe d’Angleterre, n’a pas mâché ses mots pour décrire l’état préoccupant du rugby britannique.
Pour le vainqueur de la Coupe du Monde 2003 avec le XV de la Rose, le triomphe girondin illustre un « décrochage inquiétant » des clubs anglais face aux grandes puissances européennes.
### L’Angleterre distancée par la France et l’Irlande
Woodward s’inquiète de la hiérarchie actuelle du rugby continental, dominée sans partage par les formations françaises, qui ont remporté les cinq dernières éditions de la Champions Cup. Ce recul se confirme aussi au niveau international : l’Angleterre a terminé à une « cinquième place historique » lors du dernier Tournoi des Six Nations.
Pour l’ex-entraîneur de Bath, la prise de conscience des dirigeants du rugby anglais est urgente. « Cela doit être une source de grande préoccupation pour les dirigeants du rugby anglais, car cela montre que nous sommes toujours à la traîne par rapport aux principales nations européennes, la France et l’Irlande. »
### La puissance physique : le secret de la victoire bordelaise
Selon Woodward, la différence ne s’est pas jouée à la stratégie, mais sur l’impact physique. Il insiste sur la manière dont Bordeaux a imposé un défi athlétique que Bath n’a jamais pu relever, ce constat étant également valable pour les succès récents du XV de France.
Il souligne nettement la suprématie française dans les zones de collision : « S’il fallait souligner une différence majeure entre les deux équipes, ce serait la supériorité physique de Bordeaux, que les joueurs de Bath n’ont pas pu égaler. »
Pour l’ancien centre international, cette domination est la clé du succès des Bleus : « Les Français, comme ils l’ont démontré en remportant les deux derniers Tournois des Six Nations, sont des joueurs redoutables. Ils dominent la plupart du temps les contacts et, au plus haut niveau, cela fait toute la différence. »
### Des arrières « coriaces » en première ligne
Woodward va plus loin en attribuant cette supériorité physique non seulement au pack d’avants, mais surtout aux lignes arrière bordelaises. Il se dit impressionné par leur résistance et leur engagement tout au long du match.
Il rend hommage à leur dureté au mal : « Ils sont rapides, incroyablement habiles et, bon sang, qu’ils sont coriaces ! Ils se jettent dans les tacles quand il le faut et ils ont tous réalisé des matchs brillants. »
### UBB, grande favorite de la compétition
Désormais, Clive Woodward voit l’Union Bordeaux-Bègles comme la grande favorite pour la suite de la Champions Cup. Pour espérer rivaliser à nouveau, les clubs anglais devront impérativement « hausser leur intensité physique et maintenir une exigence de perfection sur l’intégralité d’une rencontre. »







